mercredi 7 décembre 2016

L'exposition Russian Soviet Propaganda

L’exposition réunit une quarantaine de peintures et d’affiches issues d’une collection de 158 œuvres russes, réalisées par une quarantaine d’artistes moscovites représentant l’élite de l’académie russe du régime communiste de l’après-guerre, entre 1956 et 1989. Cette exposition s'attache exclusivement à l'expression artistique d'une époque, à sa puissance d'évocation et son efficacité graphique.





MB-XL GALLERY BRUSSELS : Russian Soviet Propaganda
537, Chaussée de Boondael
1050 Bruxelles

10 novembre 2016 > 12 décembre 2016

dimanche 4 décembre 2016

Sur les ossements des morts de Olga Tokarczuk

Extraits

Après tout, pourquoi devrions-nous être utiles ? Et en vertu de quoi ? Qui a divisé le monde entre l'utile et l'inutile, et de quel droit ? Un chardon n'a-t-il pas le droit de vivre, ou bien une souris qui mange du grain dans un grenier ? Et les abeilles, les bourdons, les mauvaises herbes et les roses ? Quel est l'esprit qui a eu le culot de décider qui est meilleur et qui est moins bien ?

[...]

Vous savez, j'ai parfois l'impression que nous vivons dans un monde que nous inventons pour nos propres besoins. Nous décidons de ce qui est bon ou pas, nous inventons des grilles de signification... Puis toute notre vie durant, nous sommes obligés d'affronter ce que nous avons nous-mêmes imaginé. Le problème, c'est que chacun a sa version des choses, et c'est pourquoi les gens ont tant de mal à s'entendre.

Mon avis

Attention, ce roman peut en cacher un autre. Car si son atmosphère étrange dans un lieu isolé où s’accumulent des meurtres semble emprunter les sentiers d’une enquête policière sous couvert de phénomènes mystérieux et quelque peu fantastiques, ce n’est que pour prendre la tangente pour mieux déboucher sur autre chose. Pas question de dévoiler les dessous de l’intrigue, mais sachez qu’il ne faut pas vous attendre à un thriller trépidant, tant vous risqueriez non seulement d’être déçu mais également de passer à côté de ce récit, qui tient plus du roman psychologique, voire sociologique, tout en demeurant assez engagé écologiquement parlant. Sans en avoir l’air, ce roman interroge essentiellement les rapports dominants – dominés dans lesquels la violence joue le premier rôle. Que ce soit du côté des dominants que des dominés. Je me rends compte que ce roman traite finalement d’un sujet très actuel, qui n’est rien d’autre que la difficulté de vivre ensemble lorsque les valeurs ne sont plus partagées, engendrant des frustrations de part et d’autre et menant au recours à la violence pour imposer son point de vue. 

En conclusion, ce roman est assez original dans son traitement et marque avant tout son lecteur par son atmosphère sombre, insolite et poétique à la fois, tout en étant agrémenté ici et là de touches d’humour assez caustiques. Une intéressante découverte pour une romancière que je ne connaissais pas encore avant ce jour et vers laquelle je reviendrai très certainement, même si ce roman n’est visiblement pas représentatif de ce qu’elle écrit habituellement.

Lire également les avis de Book'ing et d’Edyta.

Quatrième de couverture

Après le grand succès des "Pérégrins", Olga Tokarczuk nous offre un roman superbe et engagé, où le règne animal laisse libre cours à sa colère. Voici l'histoire de Janina Doucheyko, une ingénieure en retraite qui enseigne l'anglais dans une petite école et s'occupe, hors saison, des résidences secondaires de son hameau. Elle se passionne pour l'astrologie et pour l’œuvre de William Blake, dont elle essaie d'appliquer les idées à la réalité contemporaine. Aussi, lorsqu'une série de meurtres étranges frappe son village et les environs, au cœur des Sudètes, y voit-elle le juste châtiment d'une population méchante et insatiable. La police enquête. Règlement de comptes entre demi-mafieux? Les victimes avaient toutes pour la chasse une passion dévorante. Quand Janina Doucheyko s'efforce d'exposer sa théorie - dans laquelle entrent la course des astres, les vieilles légendes et son amour inconditionnel de la nature - , tout le monde la prend pour une folle. Mais bientôt, les traces retrouvées sur les lieu des crimes laisseront penser que les meurtriers pourraient être ... des animaux!

Olga Tokarczuk a reçu le prix Niké (équivalent polonais du Goncourt) pour Les Pérégrins. Née en 1962, elle a étudié la psychologie à l’Université de Varsovie. Romancière la plus célèbre de sa génération, elle est l’auteur polonais contemporain le plus traduit dans le monde. Cinq de ses livres ont déjà été publiés en France : Dieu, le temps, les hommes et les anges ; Maison de jour, maison de nuit (Robert Laffont, 1998 et 2001), Récits ultimes (Noir sur Blanc, 2007), Les Pérégrins (Noir sur Blanc, 2010) et Sur les ossements des morts (Noir sur Blanc, 2012).

Source : www.leseditionsnoirsurblanc.fr

Sur les ossements des morts de Olga Tokarczuk,  Traduit du polonais par Margot Carlier, Publié chez les Éditions Libretto, Date de parution : 06/11/2014,  288 p.

mercredi 30 novembre 2016

Bilan du mois de novembre 2016


Films


Étant dans l'incapacité de le noter, un film du mois est exceptionnellement hors classement :

Possession (1981) de Andrzej Zulawski


* * * *
Bienvenue Mister Chance (Being There, 1979) de Hal Ashby
Ivan le terrible, Partie I (1944) de Sergueï Eisenstein
Ivan le terrible, Partie II (1946) de Sergueï Eisenstein


* * *
Dernier train pour Busan (Busanhaeng, 2016) de Sang-Ho Yeon ❤
The Strangers (Goksungde, 2016) de Na Hong-jin ❤
Desierto (2015) de Jonás Cuarón
Super 8 (2011) de J.J. Abrams
La Légende de Bagger Vance (The Legend of Bagger Vance, 2000) de Robert Redford
Journal intime (Caro Diario, 1994) de Nanni Moretti ❤
Manhattan (1979) de Woody Allen
Harvey (1950) de Henry Koster
Le Jour se lève (1939) de Marcel Carné
La Bête humaine (1938) de Jean Renoir


* * (*)
Propriété interdite (This Property Is Condemned, 1966) de Sydney Pollack
L'affaire Barbe-bleue (Bluebeard, 1944) de Edgar G. Ulmer




Lectures
http://www.folio-lesite.fr/Catalogue/Folio/Folio-classique/Oblomov
http://www.folio-lesite.fr/Catalogue/Folio/Folio-classique/L-Utopie
http://www.pressesdelacite.com/livre/litterature-contemporaine/nos-annees-sauvages-karen-joy-fowler
http://www.racine.be/fr/lart-belge


* * * *
L'art belge : d'Ensor à Panamarenko (Racine, 2013) de Michael Palmer ❤
Nos années sauvages (Les Presses de la Cité, 2016) de  Karen Joy Fowler ❤
Soyez imprudents les enfants (Flammarion, 2016) de Véronique Ovaldé
Le garçon (Zulma, 2016) de Marcus Malte
L'Utopie (Folio, 2012) de Thomas More
Oblomov (Folio, 2007) de Ivan Gontcharov ❤


* * *
Sur les ossements des morts (Libretto, 2014) de Olga Tokarczuk


* *
Le Tabac Tresniek (Folio, 2016) de Robert Seethaler
Charles Quint (Tempus, 2004) de Philippe Erlanger


*
Les Prodiges de la vie (Le Livre de Poche, 1996) de Stefan Zweig




BD
http://www.futuropolis.fr/fiche_titre.php?id_article=790548
http://www.glenatbd.com/bd/jaures-9782344001103.htm
https://www.allary-editions.fr/publication/larabe-du-futur/
http://www.dargaud.com/bd/LUCKY-LUKE/Aventures-de-Lucky-Luke-d-apres-Morris-Les/Aventures-de-Lucky-Luke-d-apres-Morris-Les-tome-7-Terre-Promise-La


* * * *
Ô vous, frères humains (Futuropolis, 2016) de Luz et Albert Cohen


* * *
L'Arabe du futur - Tome 2 (Allary, 2015) de Riad Sattouf


* * (*)
Les Aventures de Lucky Luke d'après Morris - La Terre Promise (Lucky Comics, 2016) de Jul et Achdé
Jaurès (Glénat, 2014) de Jean-David Morvan, Vincent Duclert, Frédérique Voulyzé, Rey Macutay


Cliquez sur la couverture pour accéder à la présentation de l’œuvre chez l'éditeur.



Musée, Exposition, Festival

* Le LaM, le Musée d’Art Moderne de Lille Métropole (Villeneuve d’Ascq)
  - Luc Tuymans. Prémonitions


* La Boverie (Liège)
   - Exposition '21, rue La Boétie' : Picasso, Matisse, Braque, Léger


* Musée de la Photographie (Charleroi)
  - Weegee by Weegee
  - Sur les plateaux des Dardenne
  - Bois du Cazier, Marcinelle, 1956

dimanche 27 novembre 2016

Le peintre Walter Sauer

Né à Saint-Gilles (Bruxelles) le 12 février 1889 et mort à Alger le 6 septembre 1927, Walter Sauer est un dessinateur, peintre et graveur belge.  Élève d’Émile Fabry et de Jean Delville à l'Académie de Bruxelles, il exprime l'esprit des années vingt en mêlant le style symboliste de la femme éternelle à l'approche curviligne de l'Art nouveau. Il est également influencé par l'estampe orientale, le structuralisme de Gustav Klimt et sa passion d'Albrecht Dürer. 

Source : L'art belge d'Ensor à Panamarenko par Michael Palmer 

Pureté par Walter Sauer, 1919
L'inutile regret par Walter Sauer

La Toilette par Walter Sauer, 1925

Femme au voile
Jeune femme en noir par Walter Sauer
Femme voilée par Walter Sauer, 1919

Le Masque japonais, 1923

Nostalgie par Walter Sauer, 1818
Gioconda par Walter Sauer, 1916


samedi 26 novembre 2016

Anarchy in the UK : 40 ans déjà

Anarchy in the UK, le tout premier 45 tours des Sex Pistols, sortait le 26 novembre 1976. Quarante ans plus tard ? Le Brexit, Trump à la Maison Blanche et le Punk Museum à Reykjavik. Le mouvement Punk ? Il a très vite été récupéré, y compris par le merchandising à toutes les sauces.

Et Johnny Rotten président, c'est pour quand ? 

Je vous ai compris !

Bon, on oublie tout ça et on se souvient d'un autre temps, où tout n'était pas rose pour autant. Un seul mot d'ordre perdure : Do it yourself !



jeudi 24 novembre 2016

Jim Jarmusch à l'honneur au Cinéma Galeries


A partir de ce jeudi 24 novembre, Jim Jarmusch est à l'honneur à Bruxelles !  Quelques jours avant la sortie en salle de son dernier film Paterson (avec mon dernier chouchou en date, j'ai nommé l'acteur Adam Driver), le Cinéma Galeries nous permet de (re)découvrir l'intégralité de sa filmographie, y compris ses documentaires musicaux comme Year of the horse (consacré au groupe de Neil Young) et Gimme Danger (consacré à Iggy and The Stooges, le premier groupe d'Iggy Pop).  

Une exposition lui sera également consacrée, intitulée Une autre allure et composée des extraits de films soigneusement choisis afin de favoriser une immersion dans le cinéma poétique du réalisateur. On pourra y voir également un extrait d'un concert de Del-Byzanteens (avec Jarmusch aux claviers), une interview de Basquiat et une séquence du concert des Cramps dans un hôpital psychiatrique.  Parallèlement à ces événements, Philippe Azoury, le co-curateur avec Edouard Meier de l’exposition, publie le livre Jim Jarmusch, une autre allure aux éditions Capricci.

Jim Jarmusch est né en janvier 1953 dans l’Ohio (USA). Cinéaste, auteur d’une quinzaine de films indépendants, qui ont tous connu une carrière internationale, parmi lesquels Stranger than Paradise (1984), Down by Law (1986), Dead Man (1995), Gosth Dog (1999), Broken FLowers (2005), Only Lovers Left Alive (2013), Paterson (2016). Jim Jarmusch est aussi musicien (les groupes Del Byzanteens et SQÜRL), pratique la poésie et le collage.

Jim Jarmusch, en quelques extraits :

Dead Man, 1995

Ghost Dog : La Voie du samoura, 1999

 Down by Law, 1986

Only Lovers Left Alive, 2013


Exposition et rétrospective jusqu'au 12 février 2017.
Toutes les infos sur le site www.galeries.be


mercredi 23 novembre 2016

Oblomov de Ivan Gontcharov

Extrait

La robe de chambre avait, aux yeux d'Oblomov, des vertus inestimables : elle est douce, flottante, on n'y sent plus son corps ; telle une esclave docile, elle se prête à tous les mouvements...

Chez lui, Oblomov ne portait jamais ni cravate ni gilet, car il aimait la liberté et l'espace.  Ses pantoufles étaient longues, moelleuses et larges ; lorsqu'il sortait de son lit, ses pieds, sans même qu'il les regardât, s'y glissaient tout seuls...

La position allongée n'était pas pour Oblomov un besoin, comme elle l'est pour un malade ou quelqu'un qui a sommeil.  Ce n'était pas non plus une volupté, comme elle peut l'être pour un paresseux : c'était l'état normal.  


Mon avis 

L’auteur Ivan Gontcharov, né en 1812, mettra dix années à rédiger son chef d’œuvre intitulé Oblomov, publié en 1859. Ce roman connaîtra un tel succès que son personnage principal donnera naissance au néologisme russe oblomovchina, une étrange maladie de l’âme proche de la rêverie conduisant à l’incapacité de prendre la moindre décision, tout en demeurant continuellement dans l’apathie, l’inertie et la nostalgie de l’enfance, sorte de paradis perdu. Avec un tel personnage aussi lâche que languissant, le lecteur peut légitimement craindre de s’ennuyer à la lecture de ce roman. Il n’en fut rien, tant il est difficile de ne pas éprouver malgré soi une certaine sympathie pour ce doux rêveur qui a pour seule ambition le renoncement à tout ce qui pourrait entraver sa tranquillité, ne souhaitant que la douceur de vivre dans la répétition et l’absence de passions. Divisé en quatre parties, c’est la première partie, basée sur le comique de répétition, qui se révèle la plus drôle. La tension dramatique dans les parties suivantes s’attache plus particulièrement à sa relation amoureuse avec Olga et à sa situation matérielle mise en péril par une arnaque dont il est victime par son entourage. En contrepoint à la passivité d’Oblomov, l’auteur introduit son ami d’enfance Stolz, un homme énergique, solide et résolument tourné vers l’action. Bref, on ne s’ennuie jamais à la lecture d’Oblomov de Ivan Gontcharov, qui manie l’humour et la dérision avec l’élégance du désespoir. Une écriture étonnement fluide et très agréable à lire, ce qui est important à souligner car il n’en est pas toujours de même pour tous les romans de la littérature russe traduits en français.

Le roman a été adapté au cinéma par le réalisateur Nikita Mikhalkov, en 1979 et sous le titre de Quelques jours dans le vie d'Oblomov


Quatrième de couverture

Partisan de la position allongée, Oblomov ne trouve le bonheur que dans le sommeil. Ni son ami Stolz, incarnation de l'énergie et de l'esprit d'entreprise, ni la belle Olga avec qui se nouera l'embryon d'une idylle, ne parviendront à le tirer de sa léthargie. Entreprendre et aimer sont décidément choses trop fatigantes. Grand roman de mœurs, Oblomov offre une satire mordante des petits fonctionnaires et des barines russes. La première partie du texte constitue un véritable morceau de bravoure, irrésistible de drôlerie, décrivant les multiples tentatives toutes vouées à l'échec d'Oblomov pour sortir de son lit. La profondeur du roman et la puissance du personnage d'Oblomov n'ont pas échappé à des philosophes comme Levinas. L'inertie du héros est moins une abdication que le refus farouche de tout divertissement. L'humour et la poésie sont au service d'une question que Gontcharov laisse ouverte : et si la paresse, après tout, était moins un vice qu'une forme de sagesse? 

Oblomov de Ivan Gontcharov, Traduit du russe par Arthur Adamov,  Édition de Pierre Cahné,  Collection Folio classique (n° 4481), Gallimard Parution : 08-03-2007, 576 pages 


Boris Kulikov