Articles

Affichage des articles du septembre, 2008

Les belles choses que porte le ciel de Dinaw Mengestu

Image
Quatrième de couverture Le jeune Sépha a quitté l’Éthiopie dans des circonstances dramatiques. Des années plus tard, dans la banlieue de Washington où il tient une petite épicerie, il tente tant bien que mal de se reconstruire, partageant avec ses deux amis, Africains comme lui, une nostalgie teintée d’amertume qui leur tient lieu d’univers et de repères. Mais l’arrivée dans le quartier d’une jeune femme blanche et de sa petite fille métisse va bouleverser cet équilibre précaire… Dinaw Mengestu fut une des agréables découvertes de la rentrée littéraire 2007 avec ce premier roman remarqué au magnifique titre « Les belles choses que porte le ciel », en référence aux derniers vers de L’enfer de Dante, cité au moment où Dante se prépare à quitter l’enfer : « À travers un pertuis rond je vis apparaître certaines des belles choses que porte le ciel, et nous nous sommes avancés pour voir une fois encore les étoiles. » Ce roman est remarquable dans sa façon...

Le rapport de Brodeck de Philippe Claudel

Image
Extrait  Extrait du roman : « Ne me demandez pas son nom, on ne l'a jamais su. Très vite les gens l'ont appelé avec des expressions inventées de toutes pièces dans le dialecte et que je traduis: Vollaugä - Yeux pleins - en raison de son regard qui lui sortait un peu du visage; De Murmelnër - Le Murmurant - car il parlait très peu et toujours d'une petite voix qu'on aurait dit un souffle; Mondlich - Lunaire - à cause de son air d'être chez nous tout en n'y étant pas; Gekamdörhin - Celui qui est venu de là-bas. Mais pour moi, il a toujours été De Anderer - L'Autre -, peut-être parce qu'en plus d'arriver de nulle part, il était différent, et cela, je connaissais bien: parfois même, je dois l'avouer, j'avais l'impression que lui, c'était un peu moi. »  Mon avis J’ai tellement aimé ce roman que je n’ai aucune envie d’argumenter le comment du pourquoi pour la simple raison que mes mots ne se hisseront jamais à la portée d...

La porte des enfers de Laurent Gaudé

Image
Au lendemain d'une fusillade à Naples, Matteo voit s'effondrer toute sa raison d'être. Son petit garçon est mort. Sa femme, Giuliana, disparaît. Lui-même s'enfonce dans la solitude, et, nuit après nuit, à bord de son taxi vide, parcourt sans raison les rues de la ville. Mais, un soir, il laisse monter en voiture une cliente étrange qui, pour paiement de sa course, lui offre à boire dans un minuscule café. Matteo y fera connaissance du patron, Garibaldo, de l'impénitent curé don Mazerotti, et surtout du professeur Provolone, personnage haut en couleur, aussi érudit que sulfureux, qui tient d'étranges discours sur la réalité des Enfers. Et qui prétend qu'on peut y descendre... Voilà un auteur que j’ai mis du temps à lire : pour une raison obscure, j’avais longtemps flairé de loin « Le soleil des Scorta » (prix Goncourt 2004) avec suspicion et interrogation. Il aura fallu qu'il sorte en livre de poche pour que je me décide...

L'homme du lac de Arnaldur Indridason

Image
Quatrième roman traduit en français de l’islandais Arnaldur Indridason, deuxième roman que je lis de cet auteur après « La femme en vert », « L’homme du lac » m’a convaincue une fois de plus. Je ne sais pas pour ses autres romans, mais concernant ceux que j’ai lus, je ne peux m’empêcher de penser à la série « Cold case », vous savez, les enquêtes de Lilly Rush qui déterre d’anciennes affaires classées depuis belle lurette. Et bien, le taciturne commissaire Erlendur est un peu le pendant de Lilly Rush ! Plus qu’une enquête, les romans d’Indridason nous invitent, dans un contexte historique et social précis, à une analyse fine des personnages et de la société islandaise en général. Dans « L’homme du lac », le prétexte tout trouvé pour remonter aux années 60 des jeunes étudiants islandais socialistes, invités par le parti communiste de l’Allemagne de l’Est (RDA) à séjourner à l’université de Leipzig en étant nourri et loger gratuitement, est la découverte réce...

Les intermittences de la mort de José Saramago

Image
Il s’agit de mon premier roman de l’auteur José Saramago, au thème très original et intriguant dans la mesure où le sujet tourne autour de la pause que s’octroie « la mort » avec toutes les conséquences que cela engendrera au niveau de l’organisation étatique. Vous avez bien lu, la mort, personnage à part entière, a décidé de ne plus travailler et donc de ne plus donner la mort, du moins dans un cadre bien précis puisque ce phénomène ne dépasse par les frontières d’un pays dont nous ne connaîtrons jamais le nom. Cet événement extraordinaire, qui plonge dans un premier temps la population dans un état euphorique, se révèle au fur et à mesure plus que problématique : l’immortalité n’empêche ni la maladie ni la vieillesse et engendre une multitude de malades en phases terminales au plus grand désarroi des familles mais également des hôpitaux, qui ne savent plus comment faire face au nombre toujours croissant de ses anciens. Les pompes funèbres et ...

La trilogie Millénium de Stieg Larsson

Image
 Véritable phénomène littéraire en Europe, avec ses huit millions d’exemplaires vendus, Millénium n’est plus vraiment à présenter. Il connaît un tel succès que la ville de Stockholm a mis sur pied un circuit touristique d’une heure et demie pour guider les fans sur les traces du héros SuperBlomkvist. Quelques chiffres pour mesurer l’ampleur du phénomène : sur les neuf millions d’habitants suédois, la trilogie s’est vendue à 2,7 millions d’exemplaires, trente-deux pays ont acheté les droits de publication, 150.000 exemplaires pour la sortie en librairie du mois de septembre aux Etats-Unis. C’est la maison d’édition française qui se frotte les mains : meilleure vente d’Actes Sud depuis sa création en 1978, qui a créé à l’occasion une collection spéciale Actes Noirs, allant de 2 à 3.000 ventes par jour et parfois jusqu’à 4.000, avec six millions d’euros du chiffre d’affaires net à ce jour ! Et moi dans tout ça, qu’est-ce que j’en ai pensé ? J’ai c...

Bad Monkeys de Matt Ruff

Image
Quatrième de couverture De nos jours dans un monde qui ressemble comme deux gouttes d’eau au nôtre et qui pourtant n’est pas tout à fait le même… Jane Charlotte est arrêtée en flagrant délit, pour un meurtre qu’elle vient de commettre. Au commissariat, elle raconte aux inspecteurs une histoire invraisemblable : elle ferait partie d’une organisation secrète dont la mission serait de se débarrasser des « Bad Monkeys », les êtres malfaisants qui ont échappé à la justice. Son aveu la conduit tout droit à la prison de Las Vegas, dans l’aile psychiatrique, où elle est interrogée par un médecin. Jane Charlotte entame alors le récit de sa vie : son adolescence chahutée, son recrutement par l’organisation, ses premières missions... Impossible de démêler dans ses propos le vrai du faux, le délire de la réalité... jusqu'à l'étonnant coup de théâtre final. Mon avis Né en 1965, « Bad Monkeys » est le quatrième roman de l’auteur Matt Ruff, son troisième ...