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Affichage des articles du avril, 2009

Mauvaise pente de Keith Ridgway

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Grace Quinn ne supporte plus de vivre aux côtés de son mari violent et alcoolique, un homme qui n’hésite plus à la rouer de coups depuis qu’il a écrasé, il y a de cela des années,  une jeune femme qui se trouvait sur sa route un soir de beuverie. Un couple usé, détruit et rejeté depuis toujours par le village : « Tout le monde les connaissait, son mari et elle, mais personne ne les aimait. Elle, a priori, parce qu’elle venait d’Angleterre, lui à cause de ses manières. Cela n’avait pas beaucoup changé : on continuait de ne pas les aimer, lui à cause de ce qui c’était passé, elle parce qu’elle était sa femme. » Aussi lorsque Grace croise son mari à l’endroit même de l’accident,  le lendemain d’une violente dispute, elle ne tarde guère à appuyer sur l’accélérateur afin de l’écraser à son tour. Tuer son mari, camoufler les traces de l’accident, quitter la compagne irlandaise afin de rejoindre son fils Martin à Dublin. Mais peut-on vraiment renouer les liens avec son fils lo...

Les maîtres de Glenmarkie de Jean-Pierre Ohl

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Quatrième de couverture Qui sont vraiment les maîtres du manoir de Glenmarkie, cette bâtisse écossaise menaçant ruine, tout droit échappée d'un roman de Stevenson ? Et où est donc passé le trésor de leur ancêtre Thomas Lockhart, un écrivain extravagant mort de rire en 1660 ? Fascinée par le génie de Lockhart, intriguée par l'obscur manège de ses descendants, la jeune Mary Guthrie explore les entrailles du manoir et tâche d'ouvrir les trente-deux tiroirs d'un prodigieux meuble à secrets. Ehenezer Krook est lui aussi lié aux Lockhart. A Edimbourg, dans la librairie d'un vieil excentrique, il poursuit à l'intérieur de chaque livre l'image de son père disparu. Les tiroirs cèdent un à un sous les doigts de Mary. Les pages tournent inlassablement entre ceux d'Ehenezer. Mais où est la vérité ? Dans la crypte des Lockhart ? Au fond de Corryvreckan, ce tourbillon gigantesque où Krook faillit périr un jour ? Ou bien dans les livres ? Peuplé de silhouettes f...

Contes carnivores de Bernard Quiriny

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Quatrième de couverture Un botaniste amoureux de sa plante carnivore ; Un curé argentin qui a la faculté de se dédoubler dans différents corps ; Onze écrivains morts que vous n'avez jamais lus ; Une femme-orange qui se laisse littéralement boire par ses amants ; Une société d'esthètes fascinés par les marées noires ; Des Indiens d'Amazonie qu'aucun linguiste ne comprend ; Et l'extraordinaire Pierre Gould qui resurgit sans cesse en héros transformiste... Quatorze nouvelles fantastiques à l'Imagination débridée et au style ciselé, dans la grande tradition des labyrinthes borgésiens et du Passe-Muraille de Marcel Aymé.  Teintés de surréalisme, de poésie, de fantaisie, d’humour noir et de fantastique, ces contes carnivores, à l’écriture soignée, se dévorent sans peine tant l’ensemble se révèle plein de malices et de subtilités. Amateurs de fantastique, ces contes insolites peuplés d’étrangetés et de bizarreries ne pourront que vous ravir comme je l’ai été...

L'homme qui marchait sur la Lune de Howard McCord

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Quatrième de couverture   Qui est William Gasper, cet homme qui depuis cinq ans arpente inlassablement la Lune, une “montagne de nulle part” en plein cœur du Nevada ? De ce marcheur solitaire, nul ne sait rien. Est-il un ascète, un promeneur mystique, un fugitif ? Tandis qu’il poursuit son ascension, ponctuée de souvenirs réels ou imaginaires, son passé s’éclaire peu à peu : ancien tueur professionnel pour le compte de l’armée américaine, il s’est fait de nombreux ennemis. Parmi lesquels, peut-être, cet homme qui le suit sur la Lune ? Entre Gasper et son poursuivant s’engage alors un jeu du chat et de la souris. D’une tension narrative extrême jusqu’à sa fin inattendue, L'homme qui marchait sur la Lune est un roman étonnant et inclassable qui, depuis sa parution aux États-Unis, est devenu un authentique livre culte.  On compare souvent Howard McCord à Cormac McCarthy. Ayant dévoré son roman « La route », je pensais tout naturellement que j’allais facilement me laiss...

Hiver Arctique d'Arnaldur Indridason

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Le corps d'un petit garçon était couché dans la neige lorsque la voiture d'Erlendur est arrivée au pied de l'immeuble de banlieue, en cette fin d'après-midi glaciale de Reykjavik. II avait douze ans, rêvait de forêts, ses parents avaient divorcé et sa mère venait de Thaïlande, son grand frère avait du mal à accepter un pays aussi froid. Le commissaire Erlendur et son équipe n'ont aucun indice et vont explorer tous les préjugés qu'éveille la présence croissante d'émigrés dans une société fermée. Erlendur est pressé de voir cette enquête aboutir, il néglige ses autres affaires, bouscule cette femme qui pleure au téléphone et manque de philosophie lorsque ses enfants s'obstinent à exiger de lui des explications sur sa vie qu'il n'a aucune envie de donner. La résolution surprenante de ce crime ne sortira pas Erlendur de son pessimisme sur ses contemporains. Dans cet impressionnant dernier roman, Indridason surprend en nous plongeant dans un monde ...

Contes et Récits de Nathaniel Hawthorne

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C’est la lecture du roman « Le voile noir » de Rick Moody  qui m’a menée irrésistiblement  vers l’auteur Nathaniel Hawthorne : tout le récit de Rick Moody  s’articule effectivement autour de son conte « Le voile noir du pasteur ». Ce conte relate l’histoire d’un pasteur qui, du jour au lendemain, couvrit son visage d’un voile noir jusqu’au jour de son trépas, et ce afin d’expier ses fautes passées. L’analyse du poids de cette culpabilité morbide mais aussi les réactions d’effroi et de peur de la communauté à la vue de ce voile noir font de ce conte une petite merveille que je vous encourage vivement de découvrir à votre tour.  Il se trouve que l’homme qui inspira ce conte à Nathaniel Hawthorne n’était autre que Joseph Moody, que Rick Moody pense être son ancêtre suite aux confidences de son grand-père paternel. Je me suis déjà longuement attardée sur les difficultés que j’ai éprouvées à la lecture du récit de Rick Moody, mais je ne saura...