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Affichage des articles du octobre, 2008

La fille sans qualités de Juli Zeh

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Le jeu pervers de deux élèves du lycée privé Ernst-Bloch, lycée huppé situé à Bonn en Allemagne, trouve son épilogue dans un bain de sang. L'avocate à laquelle on confie l'affaire est bouleversée, tant elle a du mal à juger cet acte. Elle entreprend alors d'écrire l'histoire des trois protagonistes, leur rencontre, les prémices du jeu, son déroulement jusqu'à l'irruption de la violence. Les deux élèves en question se nomment Ada (quatorze ans) et Alev (dix-huit ans). Ada, dotée d’une intelligence supérieure mais dépourvue d’un physique avenant, n’est pas une adolescente comme les autres : froide, s’isolant volontairement des autres, elle se sent totalement indifférente au monde, indifférente à ses sentiments, n’hésitant pas à clamer l’équivalence de toutes choses : « Je peux faire ce que tu attends de moi comme je peux le refuser. Pour moi, les deux possibilités ont une valeur identique. »  Alev, qui débarque au lycée un an après Ad...

Dans le café de la jeunesse perdue de Patrick Modiano

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J'ai enfin lu mon premier roman de Patrick Modiano. J'ai l'impression, à  lire les commentaires au sujet de ses précédents romans, que nous retrouvons tous les thèmes qui lui sont chers : la nostalgie, l'absence, le refus de l'absence, le besoin de comprendre, la beauté des choses perdues, le souvenir...  Il marque l'empreinte de ses personnages au travers une multitude de noms de rues, procédé qui peut lasser mais qui souligne le besoin d'appuyer chaque souvenir sur des repères tangibles. L'emploi des noms de rues me faisait penser aux cailloux que le petit poucet de Charles Perrault laissait tomber le long de sa route pour retrouver plus aisément son chemin et remonter à la source…  Dans le café de la jeunesse perdue m'a aussi laissée dubitative : ai-je aimé ? Je ne sais pas, je reste perplexe. J'ai surtout eu l'impression d'avoir levé un coin du voile sur l'univers d'un auteur, tout en gardant un goût de trop peu. ...

Trois fermiers s'en vont au bal de Richard Powers

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Richard Powers est un auteur à succès reconnu par la critique comme un des écrivains les plus originaux de la génération après guerre. Il a notamment été cité par le magazine Esquire comme l’un des trois plus grands écrivains de la décennie, aux côtés de Martin Amis et Don Lillo. Trois romans ont été traduits à ce jour : « Trois fermiers s’en vont au bal », « Le temps où nous chantions » et « La chambre aux échos », couronné par le National Book Adward, l’une des plus importantes distinctions littéraires américaines. Trois histoires dans un même roman, un seul point commun : une photo du célèbre photographe August Sander, portraitiste professionnel allemand dont l’ambition était d’établir une sorte de cartographie de l’homme du XXe siècle. Le cliché en question, repris sur la couverture du roman, est celui de trois jeunes fermiers endimanchés s’en allant au bal du 1e mai, immortalisés par Sander en 1914, à la veille de la Première Guerre mondiale. Le ...

La nuit des tournesols de Jorge Sanchez-Cabezudo

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  La noche de los girasoles (La nuit des tournesols) est le premier long métrage du réalisateur Jorge Sanchez-Cabezudo, également scénariste du film. Nous sommes au cœur des Pyrénées espagnoles, en pleine campagne. Une femme sauvagement assassinée est retrouvée dans un champ de tournesols. Parallèlement à ce fait divers qui fait la une des toutes les radios et télévisions espagnoles, un archéologue débarque dans un petit village de compagne suite à la découverte d’une grotte qui pourrait représenter un attrait touristique pour la région. Son couple est un peu boiteux, et sa compagne, qui n’a pas du tout envie de se retrouver seule pendant ces investigations, décide de le surprendre en le rejoignant sur les lieux. Elle fera malheureusement une mauvaise rencontre et sera sauvagement violée par un représentant de commerce, simple vendeur d’aspirateur, qui prospectait dans les environs. Deux vieillards dont el loco (le fou), qui sont aussi les derniers ...

La prédiction d’Alice Hoffman

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Quatrième de couverture Une époque sanglante. Un peuple de femmes à cheval. L'homme est l'ennemi, depuis toujours. Pluie, baptisée ainsi pas sa mère, est le fruit du chagrin. Elle s'efforce de grandir, sans amour, d'apprendre à se battre. Car, à son tour, elle deviendra reine. C'est prédit. Mais Pluie est différente de ses " sœurs " de tribu. Avec ses doutes mais aussi son courage et sa sensibilité, elle découvre des émotions nouvelles, s'attache à un homme... Existerait-il d'autres voies que la haine et la guerre ? L'étonnante histoire d'un peuple d'amazones en pleine mutation. Un récit envoûtant, limpide et poétique qui soulève des questions fondamentales.  J’aime beaucoup Alice Hoffman, une auteure appréciée en Amérique (elle est l'une des romancières les plus lues aux Etats-Unis) mais demeurant peu connue chez nous. Je ne tenais malheureusement pas à l’époque un carnet de mes lectures, mais je pe...

La bête du Gévaudan de Michel Louis

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Quatrième de couverture De 1764 à 1767, une bête mystérieuse sème la terreur dans le Gévaudan et dans le sud de l’Auvergne, tuant hommes, femmes et enfants. Michel Louis nous livre de cette fameuse affaire un récit passionnant : toutes les attaques de la bête, les grandes chasses, la terreur des campagnes, les actions héroïques de certains paysans, les intrigues des puissants qu’excite la convoitise des honneurs et de l’énorme récompense promise à qui tuerait la bête. Cet ouvrage est le plus complet qui ait été écrit sur une des plus célèbres énigmes de notre histoire. C’est aussi un plaidoyer en faveur de l’éternel accusé, le loup, dont Michel Louis prouve l’innocence et demande la réhabilitation. Je profite de ma lecture de « L’homme à l’envers » de Fred Vargas pour vous présenter, en complément, un essai sur la bête du Gévaudan. Je vous conseille vivement ce petit bouquin en édition de poche si vous vous intéressez au sujet, sa lecture est vraiment ...

L’homme à l’envers de Fred Vargas

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Quatrième de couverture Réintroduire des loups dans le Mercantour, c’était une belle idée. Évidemment, on n’a pas tenu compte de l’opinion des bergers et, quelques mois plus tard, la révolte gronde. Mais est-ce bien un loup qui tue les brebis autour de Saint-Victor ? Les superstitions ressurgissent, un bruit se propage : ce n’est pas une bête, c’est un homme, un loup-garou. Lorsque Suzanne est retrouvée égorgée, la rumeur devient certitude : les loups n’agressent pas les hommes. À Paris, devant sa télé, le commissaire Adamsberg guette les nouvelles de la Bête du Mercantour, d’autant plus intrigué qu’il a cru reconnaître Camille sur la place de Saint-Victor... Tadamm, j’ai terminé mon deuxième roman de Fred Vargas, deuxième tome également des aventures du commissaire Adamsberg, qui signe là une variation sur le thème de la bête du Gévaudan. Et bien j’aime beaucoup, Fred Vargas nous convie une nouvelle fois à un pur moment de délassement (je me la joue un...

La vie en sourdine de David Lodge

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Quatrième de couverture Desmond a des problèmes d'ouïe. Et d'ennui. Professeur de linguistique fraîchement retraité, il consacre son ordinaire à la lecture du Guardian, aux activités culturo-mondaines de son épouse, dont la boutique de décoration est devenue la coqueluche de la ville, et à son père de plus en plus isolé là-bas dans son petit pavillon londonien. Lors d'un vernissage, alors que Desmond ne comprend pas un traître mot de ce qu'on lui dit et répond au petit bonheur la chance, une étudiante venue d'outre-Atlantique lance sur lui ce qui ressemble très vite à une OPA. Pourquoi Desmond ne l'aiderait-il pas à rédiger sa thèse ? Le professeur hésite. Pendant ce temps son père, martial, continue à vouloir vivre à sa guise et son épouse à programmer d'étonnants loisirs... Comique, tragique, merveilleusement autobiographique, le nouveau roman de David Lodge s'inscrit dans le droit fil de Thérapie. J’ai e...