mardi 3 mars 2009

Courir avec des ciseaux de Augusten Burroughs

Quatrième de couverture

Augusten a toujours su qu'il était différent. Mais différent de qui, de quoi ? De l'Amérique des années 70 ? De sa mère, complètement psychotique, qui se fait tripoter par la femme du pasteur en déclamant des poèmes ? De son père, alcoolique, qui testerait bien le couteau à pain sur la gorge de sa femme ? De son psy et tuteur légal, encore plus déjanté, qui lit l'avenir dans ses étrons, une Bible à la main ? Augusten verra bien. En attendant, il vit, tout simplement. Il pense à l'avenir. Il sera star, ou docteur, ou coiffeur. Il arrêtera de manger des croquettes pour chats. Ou pas. Récit d'une adolescence pas comme les autres dans une époque pas comme les autres.


Mon avis

Augusten Burroughs revient sur son enfance douloureuse et tellement atypique dans un roman aux allures psychédéliques et déjantées. On ricane, on pouffe, on s’étonne, on s’inquiète, on se dit que la réalité dépasse de loin la fiction. Puis finalement on médite avec un certain effroi sur les conséquences probables de ces mésaventures sur le développement psychique d'un enfant.

Il faut dire que l’auteur y va fort et n’épargne pas son lecteur : tout y est dit crûment, sans aucun recul ou prise de distance, les faits nous sont présentés tels quels, nous donnant l’impression de regarder par le trou de la serrure le fonctionnement d'une famille psychotique complètement disjonctée et délétère. J’aurais pu m’esclaffer si tout cela était sorti de l’imagination fertile d’un romancier, mais savoir que toute cette histoire est autobiographique m’a donnée froid dans le dos ! J’entends bien que le ton humoristique d'Augusten Burroughs  n'est rien d'autre qu'une carapace pour se prémunir de son vécu, mais de là à en rire en tant que lecteur, il y a une marge que j’ai souvent eu du mal à franchir.

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