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Affichage des articles du 2011

Les contes macabres d'Edgar Allan Poe, traduits par Charles Baudelaire, illustrés par Benjamin Lacombe

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Quel bel objet que voilà : recueil de huit nouvelles d’Edgar Allan Poe dans une édition inédite illustrée par Benjamin Lacombe à l’occasion du bicentenaire de la naissance de l’écrivain (date de la première édition en 2009).    Chaque conte est rehaussé par les dessins de ce jeune illustrateur devenu une référence dans la littérature jeunesse, dessins qui apportent un petit supplément d’âme à ces contes mélancoliques morbides teintés de fantastique et de mysticisme.   Héros solitaires tourmentés par leurs pensées funestes, femmes sensuelles maladives et moribondes, il faut bien avouer que toutes ces nouvelles se ressemblent un peu. Je vous conseille de ne pas les lire à la suite sous peine de lassitude : un petit conte par jour est donc plus que suffisant sous peine de les confondre rapidement.   Je serais bien en peine de vous dire où commence la plume d’Edgar Allan Poe et où se termine celle du traducteur Charles Baudelaire tant j’ai l’intime c...

Limonov d'Emmanuel Carrère

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Présentation de l'éditeur   « Limonov n’est pas un personnage de fiction. Il existe. Je le connais. Il a été voyou en Ukraine ; idole de l’underground soviétique sous Brejnev ; clochard, puis valet de chambre d’un milliardaire à Manhattan ; écrivain branché à Paris ; soldat perdu dans les guerres des Balkans ; et maintenant, dans l’immense bordel de l’après-communisme en Russie, vieux chef charismatique d’un parti de jeunes desperados. Lui-même se voit comme un héros, on peut le considérer comme un salaud : je suspends pour ma part mon jugement. C’est une vie dangereuse, ambiguë : un vrai roman d’aventures. C’est aussi, je crois, une vie qui raconte quelque chose. Pas seulement sur lui, Limonov, pas seulement sur la Russie, mais sur notre histoire à tous depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ».   Je viens de terminer Limonov est mon sentiment est mitigé : j’avoue avoir souvent trouvé le temps long et ne pas bien comprendre tout l’enthousiasme que suscite ...

L'Enfance d'Ivan d’Andreï Tarkovski

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Nous sommes en pleine deuxième guerre mondiale. Le jeune Ivan, 12 ans à peine, ne vit plus que pour venger la mort de sa mère, tuée par les allemands en allant au puits. Il rejoint le front russe pour servir sa cause, s’infiltrant au risque de sa vie à l'intérieur des lignes allemandes pour fournir de précieux renseignements. L’enfance d’Ivan est le premier long métrage d’Andreï Tarkovski (1962) et tout l’univers du réalisateur est déjà présent dans ce premier film : l’enfance meurtrie, la mère et son absence, le deuil, la nostalgie et la perte de l’innocence, la nature sublimée, les scènes oniriques et des images de guerre (rappelons que Tarkovski n'avait que 14 ans à la fin de la seconde guerre mondiale). Mais ce qui frappe surtout est cette omniprésence de la matière liquide dans ce premier film et dans son œuvre en général : cette pluie qui purifie et qui peut sauver des vies humaines, en effaçant les traces de pas laissées sur le sol pouvant trahir notre prés...

L’appât de José Carlos Somoza

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Roman construit essentiellement comme un thriller ‘classique’, l’histoire consiste à poursuivre deux dangereux tueurs en série, à savoir le Spectateur et l’Empoisonneur, dans la ville de Madrid légèrement futuriste. Mais c’est la méthode utilisée qui donne toute la saveur et l’originalité de ce roman : on ne poursuit plus la piste des meurtriers mais on les attire à l’aide d’appâts humains initiés aux techniques des Masques, techniques basées sur le décryptage des œuvres de Shakespeare et qui consistent à jouer des scènes en prenant certaines postures afin d’attirer pour ensuite neutraliser le meurtrier. Le grand écrivain et dramaturge de l’époque élisabéthaine aurait en effet fourni toutes les clés nécessaires pour décoder le genre humain et l’analyse de ses œuvres aurait permis de dégager une cinquantaine de philias, à savoir des catégories de profils psychologiques particuliers réagissant à certains stimuli spécifiques pouvant être reproduits à la ville comme sur une scène de t...

Le chinois de Henning Mankell

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Quatrième de couverture   Par un froid matin de janvier 2006, la police de Hudiksvall, dans le nord de la Suède, fait une effroyable découverte. Dix-neuf personnes ont été massacrées à l’arme blanche dans un petit village isolé. La policière Vivi Sundberg penche pour l’acte d’un déséquilibré. Mais la juge de Helsingborg, Birgitta Roslin, qui s’intéresse à l’affaire car les parents adoptifs de sa mère sont parmi les victimes, est persuadée que ce crime n’est pas l’œuvre d’un fou. Elle mène une enquête parallèle à partir d’un ruban de soie rouge trouvé sur les lieux qui raconte une tout autre histoire et l’entraîne dans un voyage vers d’autres époques et d’autres continents, et surtout en Chine, cette nouvelle superpuissance en pleine expansion sur la scène mondiale. À son insu, Birgitta Roslin est prise dans l’engrenage d’une machination géopolitique qui finira par mettre sa vie en danger.   Malgré un début prometteur (dix-neuf membres d’une même famille massacrés...

Tout ce que j’aimais de Siri Hustvedt

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Quatrième de couverture Au milieu des années 1970, à New York, deux couples d'artistes ont partagé les rêves de liberté de l'époque. De l'art et de la création, ils ont fait le ciment d'une amitié qu'ils voulaient éternelle et, quand ils ont fondé leur famille, se sont installés dans des appartements voisins. Rien n'a pu les préparer aux coups dont le destin va les frapper et qui vont infléchir radicalement le cours de leurs vies... Siri Hustvedt nous convie à un voyage à travers les régions inquiétantes de l'âme : bouleversant, ambigu, vertigineux, Tout ce que j'aimais est le roman d'une génération coupable d'innocence qui se retrouve, vingt ans plus tard, au bout de ses rêves. J’ai beaucoup aimé ce roman, particulièrement le dernier tiers. Beaucoup d’humanité se dégagent de ces pages, avec tout ce qu’elle a de meilleur et de pire : amitié, amour, créativité, générosité, empathie, accompagnement mais aussi deuil, mensonge, mani...

Châteaux de la colère de Alessandro Baricco

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Quatrième de couverture Vers le milieu du XIXe siècle, dans la petite ville imaginaire de Quinnipak, vit toute une communauté rassemblée autour de la très belle Jun Reihl, dont toute la ville admire les lèvres, et de son mari monsieur Reihl, directeur de la fabrique de verre. À Quinnipak, chacun a son désir, sa « folie » secrète : Pekish, l'extravagant inventeur de l'« humanophone », un orchestre où chacun ne chante qu'une seule note, toujours la même; Pehnt, son jeune assistant, enfant trouvé toujours vêtu d'une veste immense et informe; la « veuve » Abegg, veuve d'un mari qu'elle n'a jamais épousé; Horeau, l'architecte français qui rêve de grandioses constructions transparentes, et Élisabeth, la locomotive à vapeur... Avec "Châteaux de la colère", Baricco nous offre un roman foisonnant et singulier, construit comme une fugue où chacun chante sa partition avec justesse et jubilation. J’aime bien les microcosmes peuplés de perso...

Les madones d'Echo Park de Brando Skyhorse

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Bienvenidos    Nous sommes entrés dans ce pays comme des voleurs, sur cette terre qui fut nôtre. Ceux qui n'y étaient jamais venus ont enfin découvert la Terre promise dans la pénombre ; ceux qui en avaient été expulsés et y revenaient n'ont vu que l'ombre de cette promesse. Avant que le jour se lève sur ce désert exsangue qui s’étend des abysses les plus féroces du Pacifique aux crêtes silencieuses des sommets abrupts des monts San Gabriel, il règne un froid glacial, les frontières disparaissent, et, en moins de temps qu’il n’en faut pour claquer des doigts ou cligner de l’œil, nous courons, portés par le souffle gelé du matin jusque dans le feu des cuisines où nous préparons vos repas, valsant sur des kilomètres de carrelage pour nettoyer vos maisons, nous posant comme la rosée sur l’herbe hirsute pour tondre vos pelouses. Nous nous précipitons dans ce rêve américain, déterminés à nous défaire de tout ce que nous connaissons et aimons, qui nous encombrerait, en écha...

D’acier de Silvia Avallone

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Quatrième de couverture Il y a la Méditerranée, la lumière, l'île d'Elbe au loin. Mais ce n'est pas un lieu de vacances. C'est une terre sur laquelle ont poussé brutalement les usines et les barres de béton. Depuis les balcons uniformes, on a vue sur la mer, sur les jeux des enfants qui ont fait de la plage leur cour de récréation. La plage, une scène idéale pour la jeunesse de Piombino. Entre drague et petites combines, les garçons se rêvent en chefs de bandes, les filles en starlettes de la télévision. De quoi oublier les conditions de travail à l'aciérie, les mères accablées, les pères démissionnaires, le délitement environnant... Anna et Francesca, bientôt quatorze ans, sont les souveraines de ce royaume cabossé. Ensemble, elles jouent de leur éclatante beauté, rêvent d'évasion et parient sur une amitié inconditionnelle pour s'emparer de l'avenir. Ce premier roman d’une jeune auteure de 25 ans à peine connait un joli succès : en tête des v...

Muse de Joseph O'Connor

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Quatrième de couverture Elle était pauvre, irrévérencieuse, sensuelle, très belle et rebelle à toute autorité, sauf à celle du génie et de l'amour. Elle s'appelait Molly Allgood, elle fut une comédienne aussi prometteuse que courtisée, et eut pour amant l'un des plus grands dramaturges irlandais, John Millington Synge. C'était en 1907, l'année de la création du Baladin du monde occidental au théâtre de l'Abbaye, dans un Dublin bruissant de rumeurs. Molly avait dix-neuf ans, John trente-sept. Il fut son Pygmalion, elle sa muse. Leur passion aurait-elle pu résister au poids des conventions et à l'hostilité de leurs proches ? À Londres, près de cinquante ans plus tard, l'actrice déchue hante les rues noyées dans le brouillard. Peu à peu, les souvenirs resurgissent, comme le désir pour celui qu'elle n'a jamais réussi à oublier... Ce roman au début prometteur et porté par une belle écriture s’enlise malheureusement progressivement, sa ch...

Le voyage de l’éléphant de José Saramago

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Quatrième de couverture Salomon, le magnifique éléphant d'Asie, vit depuis deux ans à Belém. Le roi Joao III décide de l'offrir à l'archiduc Maximilien d'Autriche. De Lisbonne à Vienne, en passant par les plateaux de la Castille, la Méditerranée, Gênes et la route des Alpes, Salomon traverse ainsi l'Europe, au gré des caprices royaux et des querelles militaires, soulevant sur son passage l'enthousiasme des villageois émerveillés. Je connaissais déjà l’écriture particulière de José Saramago après avoir lu Les intermittences de la mort. Et curieusement, autant je m’y étais rapidement habituée à ma première lecture, autant j’ai peiné à celle-ci. Marre de faire des efforts pour suivre le récit, marre de revenir en arrière après m’être rendue compte que j’avais lu à vide les phrases qui semblaient n'en plus finir. Le voyage me semblait long et fastidieux, d’où mon abandon. Puis ce sentiment d’artifices dans l’écriture me gênait de plus en plus. Mais j...

Des vies d'oiseaux de Véronique Ovaldé

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Mais qui saura d’où je viens ?   Une douce mélancolie en toile de fond saupoudrée de quelques touches d’humour teintées de tendres ironies, l’auteur nous emmène une nouvelle fois dans un pays imaginaire de l’Amérique latine, vaste territoire offrant tous les contrastes (géographiques, climatiques, sociaux) propices au déploiement de l’imagination de l'auteur.   Ce roman commence là où se terminent en général les contes de fées : un beau prince charmant sort sa princesse d’une ville pouilleuse au milieu du désert pour l’emmener dans son château de la Coline Dollar. Vingt ans ont passé, le beau prince charmant s’est transformé en roi toujours aussi clinquant que superficiel et creux, le palais de la reine vacille tandis que la princesse, leur fille Paloma de 18 ans, s’est fait la malle avec un mauvais garçon.   Vida s’est demandé, « Mais d’où vient-il ? D’où vient ce drôle de garçon ? ». Alors que ce n’était pas du tout la bonne question, la bonne question ét...

La ballade du café triste de Carson McCullers

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Quatrième de couverture Grande, efflanquée mais redoutablement musclée, Amelia Evans inspire le respect de ses concitoyens : on apprécie autant l'alcool qu'elle distille clandestinement que ses talents de guérisseuse. Le mystère plane cependant autour d’elle. Pourquoi a-t-elle chassé au bout de quelques jours l’homme qu’elle avait épousé ? Et quel rôle tient exactement à ses côtés ce cousin bossu venu de nulle part ? La ballade du café triste, première et principale nouvelle (par le nombre de pages mais aussi par son excellence) de ce recueil, qui en compte sept au total, donne un bon aperçu de l’œuvre de Carson McCullers : besoin d’amour, non-réciprocité des sentiments, incommunicabilité, déchirures, mensonges et trahisons, perte et solitude. Une petite musique mélancolique empreint de tristesse mais aussi de poésie et de délicatesse : tout est dans le détail, l’émotion contenue, la fragilité des sentiments, le murmure étouffé. Les désenchantés de Carson McCulle...

Le musée du silence de Yôko Ogawa

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Un jeune muséographe débarque dans un village éloigné à la demande d’une vieille femme acariâtre qui aimerait lui confier le soin de recenser et de mettre en scène une collection d’objets volés insolites : chaque objet représente un villageois décédé censé le définir au mieux, ultime vestige d’une intimité anonyme dont il ne resterait rien sans cette soustraction quelques heures après la mort de leur propriétaire, à l’insu de leur famille. Un roman lent au charme étrange et envoûtant, une atmosphère inquiétante et oppressante d’un curieux village qui semble être coupé du monde et dont on ne revient jamais, des processions originales comme la fête des pleurs supposé repousser le plus longtemps possible les effets d’un hiver triste et froid, des prédicateurs du silence qui recueillent les confessions des villageois, une bombe qui éclate et des meurtres en série qui contrastent avec la tranquillité apparente de l’endroit. Le devoir de mémoire et la volonté de garder une...

Un été sans les hommes de Siri Hustvedt

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Quatrième de couverture Incapable de supporter plus longtemps la liaison que son mari, Boris, neuroscientifique de renom, entretient avec une femme plus jeune qu'elle, Mia, poétesse de son état, décide de quitter New York pour se réfugier auprès de sa mère qui a, depuis la mort de son mari, pris ses quartiers dans une maison de retraite du Minnesota. En même temps que la jubilatoire résilience dont fait preuve le petit groupe de pétillantes veuves octogénaires qui entoure sa mère, Mia va découvrir la confusion des sentiments et les rivalités à l'oeuvre chez les sept adolescentes qu'elle a accepté d'initier à la poésie le temps d'un été, tout en nouant une amitié sincère avec Lola, jeune mère délaissée par un mari colérique et instable... Parcours en forme de "lecture de soi" d'une femme à un tournant de son existence et confrontée aux âges successifs de la vie à travers quelques personnages féminins inoubliables, ce roman aussi solaire que pl...

Melancholia de Lars von Trier

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Synopsis Justine et Michael célèbrent leur mariage en grande pompe dans la somptueuse demeure que possèdent sa sœur et son beau frère. Pendant ce temps là, la planète Melancholia se dirige vers la terre… Lars von Trier et moi, ce n’est pas le grand amour. Mais il ne me laisse jamais indifférente. Aussi n’étais-je plus allée le voir au cinéma depuis Dancer in the dark (2000), film qui m’avait énervée au possible avec ce personnage de suppliciée jouée (merveilleusement) par Bjork, personnage à qui j’avais envie de donner des claques tellement il m’était insupportable de l’accompagner sur son chemin de croix. Et Catherine Deneuve en ouvrière… aussi plausible qu'un Stéphane Bern en ouvrier du bâtiment. Je l’avoue humblement, j’ai un réel problème avec ses personnages de femmes sacrifiées et humiliées, avec cette question lancinante : mais que cherche-t-il à nous montrer derrière ces images de saintes martyrisées ? En tout cas ces femmes suscitent toujours en moi de la...

Le Seigneur des porcheries de Tristan Egolf

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Quatrième de couverture   Ce premier roman singulier commence avec la mort d'un mammouth à l'ère glaciaire et finit par une burlesque chasse au porc lors d'un enterrement dans le Midwest d'aujourd'hui. Entre-temps, on aura assisté à deux inondations, à quatorze bagarres, à trois incendies criminels, à une émeute dans une mairie, à une tornade dévastatrice et à l'invasion de méthodistes déchaînés ; on aura suivi la révolte d'une équipe d'éboueurs et vu comment un match de basket se transforme en cataclysme. Tout se passe dans la petite ville de Baker, sinistre bourgade du Midwest ravagée par l'inceste, l'alcoolisme, la violence aveugle, le racisme et la bigoterie. Au centre des événements, John Kaltenbrunner, un enfant du pays, en butte à toutes les vexations, animé par une juste rancoeur. Comment John se vengera-t-il de la communauté qui l'a exclu ? Jusqu'où des années de désespoir silencieu...

Crimes of the Future de David Cronenberg

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Je crains cependant, qu'en restant ici plus longtemps, mon équilibre si précieux s'immobilise de façon morbide. Adrian Tripod Je viens de visionner un des premiers films de David Cronenberg , à savoir Crimes of the Future (1970). Film pour le moins expérimental et surprenant, d’une lenteur exaspérante sans aucun dialogue direct mais une voix-off parcellaire noyée dans un environnement sonore bidouillé à partir de sons provenant des fonds marins assez irritants et terriblement vieillots (j’avais parfois l’impression de me retrouver dans un des vaisseaux Enterprise de Star Trek), joué par des acteurs qui pour la plupart n’en sont pas (et c’est rien de le dire) et un personnage principal androgyne au possible (Adrian Tripod, directeur de la « Maison de la Peau », joué par Ronald Mlodzik).  En deux mots, nous ne savons pas très bien ni dans quel pays ni à quelle époque nous sommes mais le monde tel qu’il est nous est montré à travers le regard d’Adrian Tripod, q...

Trajets et itinéraires de l’oubli de Serge Brussolo

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Quatrième de couverture   Une fois par semaine, Georges s'aventure dans le Musée, monstruosité architecturale et labyrinthe à la fois fascinant et cauchemardesque. Il passe de salle en salle, d'escalier en escalier, à la recherche de sa femme partie en faire l'inventaire trois ans plus tôt. Quels secrets lui a-t-elle cachés ? Quels mensonges l'ont conduite à se perdre sans espoir de retour dans ce gigantesque piège ?   Vous ne connaissez pas encore Serge Brussolo mais l’envie vous titille depuis longtemps de le lire ? Dans ce cas, je ne peux que vous conseiller de lire cette nouvelle assez représentative de son style : folie, démesure, perte des repères, claustrophobie, transformation des chairs, confusion identitaire, bref du Brussolo pur jus. Si ce très court récit constitue une excellente entrée en matière pour ceux qui ne connaissent pas encore l’auteur, les autres apprécieront à sa juste valeur cette n...

Le coeur régulier de Olivier Adam

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Quatrième de couverture " Vu de loin on ne voit rien ", disait souvent Nathan. Depuis la mort de ce frère tant aimé, Sarah se sent de plus en plus étrangère à sa vie, jusque-là " si parfaite ". Le coeur en cavale, elle s'enfuit au Japon et se réfugie dans un petit village au pied des falaises. Nathan prétendait avoir trouvé la paix là-bas, auprès d'un certain Natsume. En revisitant les lieux d'élection de ce frère disparu, Sarah a l'espoir de se rapprocher, une dernière fois, de lui. Mais c'est sa propre histoire qu'elle va redécouvrir, à ses risques et périls. Grâce à une écriture qui fait toute la place à la sensation, à l'impression, au paysage aussi bien intérieur qu'extérieur, Olivier Adam décrit les plus infimes mouvements du coeur et pose les grandes questions qui dérangent. Deuxième roman que je lis de cet auteur (après « A l’ abri de rien ») et mon enthousiasme est toujours aussi intact : avec des mots simples, Oli...

Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez

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Quatrième de couverture Une épopée vaste et multiple, un mythe haut en couleur plein de rêve et de réel. Histoire à la fois minutieuse et délirante d'une dynastie: la fondation, par l'ancêtre, d'un village sud-américain isolé du reste du monde; les grandes heures marquées par la magie et l'alchimie; la décadence; le déluge et la mort des animaux. Ce roman proliférant, merveilleux et doré comme une enluminure, est à sa façon un Quichotte sud-américain: même sens de la parodie, même rage d'écrire, même fête cyclique des soleils et des mots. Cent Ans de solitude compte parmi les chefs d'oeuvre de la littérature mondiale du XXe siècle. L'auteur a obtenu le prix Nobel de littérature en 1982. Que dire sur l’un des romans les plus lus et les plus traduits de nos jours, représentatif par excellence du réalisme magique ? Chronique sur cent ans et six générations de la famille Buenda dans le village fictif de Macondo, nous assistons à une véritable...

Nord et Sud de Elizabeth Gaskell

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Entre le Sud paisible, rural et conservateur et le Nord industriel, besogneux et âpre de l’Angleterre du XIXe siècle, la jeune Margaret Hale regagne le presbytère familial dans un village du sud de l'Angleterre après un long séjour à Londres chez sa tante. Pasteur de la petite paroisse rurale d’Helstone, le père de Margaret se met à douter de sa foi et décide de quitter son ministère pour des raisons de conscience. Il décide d’installer sa famille dans une ville industrielle du Nord afin de gagner sa vie en tant qu’enseignant. Margaret va devoir s'adapter à cette nouvelle existence dans ce monde industriel rude et poisseux. Elle méprise profondément cette classe de nouveaux riches sans éducation que sont les manufacturiers. La conscience sociale de Margaret s'éveille à travers les relations qu’elle noue avec certains ouvriers des filatures locales et les rapports difficiles qui l'opposent à leur patron, le sombre et redoutable John Thornton, également élève favori et...

Le curiste de Hermann Hesse

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La paresse est mère de la psychologie – Nietzsche Le charme de la station thermale, la tiédeur des bains et l’odeur des eaux sulfureuses de Baden-Baden permettent aux malades de soulager les uns une sciatique, les autres la goutte ou encore certains rhumatismes. Hermann Hesse ne fait pas exception à la règle, mais il ne lui échappe pas que cette première cure à Baden-Baden constitue aussi un merveilleux observatoire pour analyser, disséquer et commenter le monde qui l’entoure ainsi que tous les petits faits et gestes des uns et des autres. Hermann Hesse manie l’ironie et le sens de la description avec beaucoup d’adresse, on ne s’ennuie pas une seconde tant la succession des mises en tableaux se suivent et ne se ressemblent pas, la tragédie côtoyant souvent le comique des situations. Hermann Hesse élargit évidemment son horizon et n’hésite par à philosopher en portant son regard d’entomologiste vers une pensée plus universelle de la nature humaine. A noter que Hermann ...

Des adhésifs dans le monde moderne de Marina Lewycka

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Quatrième de couverture Georgie a le moral en berne : son mari vient de la quitter et elle a pris du retard pour rendre ses articles à la revue Les Adhésifs dans le monde moderne. Mais quand elle rencontre Mrs Shapiro, une vieille émigrée juive excentrique qui fourrage dans sa benne à ordures, une solide amitié se noue. Peu après, Mrs Shapiro est admise à l’hôpital et Georgie, attachée à sa nouvelle amie, prend en charge sa grande bâtisse en ruine. Flanquée de sept chats malodorants, de trois artisans incompétents et de deux agents immobiliers véreux, elle découvre le passé de Mrs Shapiro et de sa maison. Elle se rend compte combien les êtres humains sont soumis aux lois chimiques de l’adhésion, et combien ils sont accrochés les uns aux autres par des liens qui se tissent tout au long de la vie. Des adhésifs dans le monde moderne est un roman qui porte bien son titre : des chats poisseux et collants, une Mrs Shapiro attachante mais pas très nette, des agents immobilier...