dimanche 4 octobre 2015

La fièvre dans le sang d'Elia Kazan


Synopsis

Kansas. 1928. Le fils d’un pétrolier, Bud Stamper, est passionnément amoureux de Deanie Loomis, une jeune fille d’une famille assez pauvre. Sa mère recommande à celle-ci de rester pure et lui parle du devoir conjugal comme d’une épreuve douloureuse qui fait partie de la destinée malheureuse des femmes. Dans le même temps, Ace Stamper, un fonceur obstiné n’écoutant jamais aucun conseil, oblige son fils qui veut devenir éleveur à faire ses quatre années d’études à l’Université de Yale avant d’épouser Deanie.

Un beau film mélancolique sur une passion amoureuse incandescente que le Kansas puritain de la fin des années vingt interdit d’assouvir, puisqu’il ne peut être question d’épanouissement sexuel en dehors des liens du mariage. Il y a donc d’un côté les femmes « pures », qui resteront vierges jusqu’au jour tant attendu et qui accompliront ensuite consciencieusement leur devoir de procréation, et de l’autre les femmes « faciles », « déshonorées », avec lesquelles les hommes satisferont leur besoin sexuel sans éprouver aucun sentiment à leur égard. 

Deanie Loomis (Natalie Wood) résistera à l’appel de la chair, malgré sa folle passion pour Bud Stamper (Warren Beatty). Pour répondre aux codes sociaux de son époque, pour respecter la volonté de sa mère, pour rester sa « petite fille chérie ». Mais Bud a bien du mal à refréner ses pulsions sexuelles. Et lorsque son père l’oblige de faire des études à Yale avant d’épouser celle qu’il aime, l’envie d’assouvir ses besoins charnels se fait de plus en plus pressante… 

Le courage de s’affranchir de la tutelle parentale, aller au-delà de leur ambition pour trouver son propre chemin, savoir pardonner enfin à ses parents, faillibles et tout simplement humains dans leurs qualités comme dans leurs faiblesses. 

Un amour gâché qui s’inscrit dans le mercantilisme et les désillusions du rêve américain lors du crash boursier de 1929. A l’image du contexte politico-historique, Deanie Loomis (Natalie Wood) incarne bien son époque en s’effondrant psychologiquement avant de tenter de mettre fin à ses jours. Une convalescence qui prendra du temps, une fixation amoureuse qui ne s’éteindra peut-être jamais, et la nécessité de s’arranger avec la vie en faisant le deuil de ses idéaux. Les désillusions de la vie ou comment s’en accommoder, malgré soi. 

Un film d’une grande beauté mais douloureux et d’une profonde mélancolie. Natalie Wood est tout simplement bouleversante. 





Titre original : Splendor in the grass
Réalisateur: Elia Kazan
Acteurs: Natalie Wood, Warren Beatty, Pat Hingle, Barbara Loden
Origine: États-Unis
Genres: Drame Romance
Année de production: 1961
Durée: 2h04
Récompense : Oscar du Meilleur Scénario Original pour William Inge



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