mardi 6 juin 2017

L'homme qui tua Liberty Valance de John Ford

The Man Who Shot Liberty Valance de John Ford
Avec John Wayne, James Stewart, Lee Marvin, Vera Miles, Lee Van Cleef
1962, États-Unis


Synopsis

Après des années d'absence, le sénateur Ransom Stoddard (James Stewart) retourne à Shinbone avec sa femme Hallie (Vera Miles) pour assister à l'enterrement de son vieil ami, Tom Doniphon (John Wayne). Les journalistes s'interrogent : pourquoi le sénateur a-t-il tenu à faire ce voyage à tout prix ? Qui était donc ce Tom Doniphon ? Retour sur l'histoire de Ransom Stoddard. Jeune juriste, il avait quitté l'Est pour le Far West. Sa diligence ayant été attaquée par des bandits, Ransom Stoddard s'était indigné et le chef de la bande, Liberty Valance (Lee Marvin), l'avait alors sauvagement frappé. Une haine inexpiable devait lier les deux hommes, mais Stoddard avait beaucoup à apprendre sur les moeurs de l'Ouest... 


 Mon avis

Je ne connais pas bien  le cinéma de John Ford (à l'exception de Marie Stuart, L'homme tranquille, Les cavaliers et Frontière chinoise, seuls films vus jusqu'à présent de sa - très longue - filmographie, avec celui-ci). Encore moins ses thématiques habituelles, ni la personnalité - visiblement assez complexe - du réalisateur. Et je n’ai pas envie, du moins à ce stade, de faire des recherches plus approfondies sur ce réalisateur, préférant dans un premier temps découvrir avec "un regard innocent" (hmhm) les autres films de John Ford. Pas trop envie non plus de décortiquer « L’Homme qui tua Liberty Valance », d’abord parce qu’il y aurait beaucoup trop à en dire (le film est vraiment très riche), ensuite parce que Strum en a déjà très bien parlé. Je vous invite donc bien volontiers à lire son compte-rendu, que vous retrouverez ici, et qui complétera mon propre commentaire, volontairement plus succinct.    

Je me contenterai donc de vous livrer quelques réflexions qui me viennent spontanément à l’esprit, quelque chose écrit sur le vif.  J’avais sans doute quelques a priori sur le cinéma de John Ford, dans la mesure où j’ai véritablement été surprise par la richesse des thématiques abordées, par la nostalgie et la mélancolie qui en ressortaient, ainsi que par le sens de la nuance et de l’ambigüité du propos.  J’ai vu ce film comme un film sur la perte de l’innocence.  Sur le fondement d’une nation qui ne pourra pas faire abstraction de la violence, et ce malgré toutes les meilleures intentions du monde.   Des fondations reposant notamment sur le mensonge, via la création de ses propres mythes. L'homme qui tua Liberty Valance, c'est aussi l'histoire d’une femme prise entre deux hommes, un homme qui se conjuguera bientôt au passé (la virilité et la force tranquille de John Wayne) et un homme qui nous projette déjà dans le futur (le sympathique et vertueux James Stewart).  Enfin,  L'homme qui tua Liberty Valance, c'est l'histoire émouvante des perdants, que je qualifierai de magnifiques (Tom Doniphon/John Wayne, Pompey/Woody Strode), ceux qui n’auront jamais le visage de cette Amérique ambitieuse et triomphante.  Mais si Tom Doniphon et Pompey ne sont pas « des gagnants », ils ont pour eux la noblesse du cœur, la dignité, la fidélité et le sens du sacrifice, sachant se mettre en retrait lorsque les circonstances le demandent. John Ford nous dit aussi que choisir, c'est mourir un peu. Il reste les souvenirs et la mélancolie de ceux qui n'ont pas oublié, avec ce petit quelque chose qui nous rappelle…  

Ce film nous laisse finalement sur une note de tristesse et de compassion.  Tout en éprouvant le plus grand respect envers ceux qui ont su conserver une certaine grandeur d'âme.



10 commentaires:

  1. Le cinéma de Ford est effectivement bien plus complexe et riche qu'on ne l'a dit pendant très longtemps. J'en ai vu une vingtaine mais il y en a pas mal d'autres. Bonne journée. Tu as raison, l'ami Strum, toujours très fourni, est une référence.

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    1. Plus complexe et plus riche que je ne le pensais en tout cas, même si j'avais gardé un excellent souvenir de Frontière chinoise ou Les cavaliers. Strum avait déjà tout bien dit sur ce film, alors pourquoi chercher à être exhaustif ? J'y suis allée au feeling ;-)

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  2. Adapté d'une nouvelle de moins de 15 pages, un bijou de film, rien de moins.
    https://www.amazon.fr/Indian-Country-Dorothy-M-Johnson/dp/0803275854
    Je crois qu'il a été réédité ( 2 inédits ajoutés ) & plus accessible niveau prix, magistral.
    ++

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    1. Très intéressant recueil, merci pour cette référence !

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  3. Merci Sentinelle, un film si riche qu'on peut le voir et le revoir sans jamais s'en lasser et en y trouvant toujours de nouvelles richesses. On peut le voir indépendemment des autres Ford, mais aussi comme un testament jetant une lueur sur ce qui précède quand on connait mieux l'oeuvre de celui que je tiens comme le plus grand des cinéastes américains (et pourtant l'un des plus secrets - l'image que tu as mise en exergue illustre bien la personnalité difficile du bonhomme : un cactus où poussent des fleurs). Je n'ai pas lu la nouvelle, merci Ronnie.
    Strum

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    1. Je me souvenais que tu l'avais cité comme un de tes films préférés, alors je me suis dit, quand il est passé à la télé, que c'était le moment ou jamais et je n'ai pas été déçue. J'aurais d'ailleurs été moins tentée si tu n'en avais pas parlé, car je m'imaginais un tout autre film à partir du titre. On se fait parfois des idées à partir de rien du tout ;-)

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  4. Un des sommets de la monumentale vallée filmographique de l'immense John Ford. Tu as parfaitement synthétisé en quelques mots les richesse thématique qui font aujourd'hui référence.

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    1. Merci pour le compliment, même si j'ai volontairement synthétisé mon commentaire mais je pense avoir été à l'essentiel ;-)

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  5. Ce film est tout merveilleux. Il est l'un de mes films prefereridos, parmi tous ceux qui ont été effectuées.

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    1. C'est un très bon film, effectivement. Merci d'être passé par ici, et bravo pour l'effort de traduction. Amitiés :-)

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