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Affichage des articles du décembre, 2008

Courtney Crumrin de Ted Naifeh (BD)

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Courtney Crumrin déménage, à son grand désappointement. Ses parents, après avoir  vécu des années au-dessus de leurs moyens et se retrouvant en grandes difficultés financières, partent de leur banlieue pour s’installer dans l’immense manoir victorien de leur grand oncle, le Professeur Aloysieus Crumrin.   Ce deal arrange tout le monde : les parents - qui ne sont que de stupides arrivistes - comptent bien sur leur installation dans ce quartier huppé de Hillsborouh pour assurer leur ascension sociale,  le vieux Professeur Aloysieus Crumrin - qui a une sinistre réputation dans le quartier - compte sur la présence de sa famille pour ne plus attirer les soupçons et faire taire les sombres rumeurs qui courent sur son compte.   Pendant ce temps là, Courtney Crumrin a bien du mal à se faire des amis dans sa nouvelle école, où tous les élèves ne sont que des rejetons de familles riches et aisés, aussi prétentieux qu’antipathiques. M...

Un lieu incertain de Fred Vargas

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Adamsberg part pour trois jours de colloque à Londres. Estalère, le jeune brigadier, et Danglard - terrorisé à l’idée de passer sous la Manche - sont du voyage. Tout devait se passer de manière aérienne et décontractée, mais un événement macabre alerte leur collègue de New Scotland Yard, Radstock. Clyde-Fox, un original local, lui parle du vieux cimetière de Highgate. Des chaussures - avec des pieds dedans - font face au cimetière, « un des cimetières romantiques les plus baroques de l’Occident », un lieu macabre, gothique, unique. Tandis que l’enquête anglaise commence, les français rentrent au pays, et se retrouvent confronté à un horrible massacre dans un pavillon de banlieue. De fil en aiguille, Adamsberg, avec l’aide de Danglard, remonte une piste de vampires, et de tueurs de vampires, jusqu’en Serbie.   Je voulais suivre les enquêtes du commissaire Adamsberg dans l’ordre de publication des tomes composant la série mais après avo...

L'annulaire de Yôko Ogawa

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La narratrice, dont nous ne connaîtrons jamais l’identité, travaille depuis bientôt un an comme assistante et réceptionniste auprès de M. Deshimaru, directeur d'un laboratoire de spécimens. M. Deshimaru est un taxidermiste d’un genre un peu particulier à la clientèle tout aussi particulière : il recueille, analyse et enferme à jamais les blessures et les souvenirs des personnes qui désirent se détacher de ces vestiges en les laissant à demeure au laboratoire. C’est un léger incident qui se trouve être à l’origine ce nouvel emploi : elle travaillait auparavant dans une usine de fabrication de boissons rafraîchissantes jusqu’au jour où elle se coinça le doigt entre la cuve pleine et la chaîne. « Heureusement, la blessure n’était pas grave. Je m’étais juste arraché un morceau de chair à l’extrémité de l’annulaire de la main gauche. Mais il se peut que cela ait été plus grave que je le pensais. J’avais quand même perdu une partie de mon corps. Pour autan...

Cochon d'allemand de Knud Romer

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J’ai toujours eu peur de mon grand-père. Pour moi, il était « Papa Schneider ». J’ignorais aussi bien son vrai nom que son prénom, ce qui, du reste, n’avait aucune importance, car il ne me serait jamais venu à l’esprit de l’appeler par son prénom. Il n’était pas du genre à encourager la familiarité. Papa Schneider avait un visage balafré : des kilomètres de cicatrices, uniquement sur la joue gauche. Des souvenirs du siècle passé, il faisait alors partie de quelque Schlägerverein, cercle de bagarreurs. Ces gens-là mettaient leur point d’honneur à se taillader mutuellement la face d’un sabre – debout, sans sourciller, le bras gauche replié derrière le dos. Ainsi commence « Cochon d’Allemand », un récit aussi court que dense de Knud Romer, né en 1960 à Nykøbing, une petite ville danoise située sur l’île de Falster. L’île de Falster était située, en fait, au-dessous du niveau de mer ; elle n’existait donc que dans l’imagination des gens qui s’obstinaient à y croire...

Le chevalier inexistant d'Italo Calvino

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« Sous les murs rouges de Paris, s'était déployée l'armée de France : Charlemagne devait passer les paladins en revue. Ils attendaient depuis trois grandes heures, dans la touffeur d'un après-midi de début d'été. Un peu couvert, nuageux ; on mitonnait dans les cuirasses, comme dans des marmites mises à cuire à feu doux. Peut-être bien que, dans cet alignement imperturbable de chevaliers, quelqu'un déjà s'était évanoui, ou simplement assoupi : de toute façon, l'armure les maintenait bien cambrés sur leur selle, tous pareils. Et soudain, trois sonneries de trompette ; dans l'air immobile, les plumails des cimiers tressaillirent comme au passage d'un vent coulis. D'un coup s'éteignit cette sorte de rumeur marine qu'on avait perçue jusque-là : ce n'était, bien sûr, que le ronflement des guerriers, assourdi par l'embouchure métallique des heaumes. Enfin ! Là-bas au fond, c'était lui, Charlemagne ! Il s'avançait sur un cheval q...

Le fusil à pétales de André-Marcel Adamek

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Raspal me l’avait fait jurer, l’autre jour, un peu avant de mourir : - Tu l’écriras, ce livre, dis ? J’ai fait le modeste, je lui ai dit que je n’avais pas belle instruction, ni le parler de ceux qui font les livres. - Ca ne fait rien, tu l’écriras à ta manière. - Personne ne croira ce que je dirai… - Je suis témoin ! qu’il a crié, Raspal. Il ne savait pas encore que la mort mangeait lentement ses reins. C’était notre dernière rencontre. Et c’est ainsi que Clothaire, vieil homme solitaire, s’engage à devenir le garant de la mémoire collective du temps passé. C’est qu’il s’en est passé des choses exceptionnelles dans la contrée : pays de légendes, de sortilèges et de maléfices, lieu où la magie est « prête à surprendre les plantes, les bêtes, quelquefois les hommes », territoire tout remuant de mystères où se déroulera l’histoire de Reine, de Tristan, des Berluet et « du petit monde qui s’était dessiné dans un passé pas bien lointain, entièrement d...