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Moisson de vieux films (3)

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De Mayerling à Sarajevo (1940) de Max Ophuls *** Avec Edwige Feuillère, John Lodge, Aime Clariond Le destin tragique de l'archiduc François-Ferdinand d'Autriche,  devenu l'héritier de François-Joseph Ier à la mort de son fils l'archiduc Rodolphe.  Un film qui mélange assez adroitement la romance entre l'héritier et la comtesse tchèque (et donc sans rang dynastique) Sophie Chotek et les aspects historiques plus politiques tels que les changements de gouvernance qu'auraient pu apporter l'archiduc François-Ferdinand, aux idées plus modernes que son oncle François-Joseph, souverain despotique qui mènera à la première guerre mondiale.  J'imagine volontiers l'importance symbolique qu'aurait pu avoir ce film pour Max Ophuls, dans la mesure où nous sommes à la veille de la seconde guerre mondiale au début du tournage. Mais la grande histoire rattrapera la petite histoire, et le tournage sera interrompu suite à la mobilisati...

Les Nuits blanches de Saint-Pétersbourg de Jean Dréville

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Les Nuits blanches de Saint-Pétersbourg (1937) de Jean Dréville * Avec Gaby Morlay, Jean Yonnel , Pierre Renoir  C’était l’époque où il fallait présenter sur les écrans trois ou quatre films d'atmosphère russe dans l'année et Jean Dréville semble s’être plié à cette mode florissante pour satisfaire ses producteurs.  Un genre qui a produit bien peu d’œuvres impérissables, il faut bien l'avouer. Les Nuits blanches de Saint-Pétersbourg , adaptation (très fainéante) de La Sonate à Kreutzer écrite par Léon Tolstoï, ne fera pas exception à la règle. Car rien ne fonctionne vraiment dans ce film : tout est grandiloquent, superficiel, surligné et surjoué. Il manque de la finesse, de l’élégance et de la sensualité. Et quand on parle d'amour, et bien... c'est un peu navrant.  Le scénario est tellement simplifié que tout ce qui faisait le sel de la nouvelle de Tolstoï a disparu, tant et si bien que les seconds rôles n’ont plus rien à dire et sont tout simplemen...

Moisson de vieux films (2) : Jean Renoir, Raymond Bernard et Robert Bresson

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Madame Bovary (1934) de Jean Renoir  *** Avec Valentine Tessier, Max Dearly, Pierre Renoir Madame se marrie.  Madame s'ennuie.  Madame rêve.  Madame perd ses illusions. Madame déprime.   Quand il n'y a plus d'espoir, il n'y a qu'à mourir.  Madame meurt. Jean Renoir signe une adaptation fidèle du roman de Gustave Flaubert (j'en parle ici ).  Frivole, dépensière, superficielle, vaniteuse, égoïste, adultère, la vie semble décidément trop étroite pour cette femme romanesque, qui sera mal payé en retour lorsque l'heure d'honorer ses dettes adviendra. A proximité de cette femme fantasque, une étude sociologique des mœurs provinciales de la Normandie : paysans rustres, commerçants cupides, aristocrates sans le sou, petits bourgeois intrigants et arrivistes, homme d’église, tous sont dépeints sans complaisance et ne suscitent à aucun moment notre sympathie.  Valentine Tessier et Robert Le Vigan Les seconds rôles son...

Moisson de vieux films (1) : D.W. Griffith, Abel Gance et Jean Vigo

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Naissance d'une nation (The Birth of a Nation, 1915) de D.W. Griffith ***(*) Avec Nate Parker, Armie Hammer, Mark Boone Junior Extrêmement célèbre pour le génie du réalisateur et la démesure des reconstitutions historiques, mais également très controversé de par son discours raciste, ce film mérite-t-il sa réputation ? Et bien oui, tout à fait.  On est bluffé par cette superproduction, par la virtuosité du montage et de sa mise en scène (étonnamment moderne) et par sa première partie (la durée du film, découpé en deux chapitres, est de 190 minutes), qui se déroule à un rythme effréné et qu'on suit sans peine tant elle ne heurte guère notre sensibilité.  Certes, on tique sur la représentation de l'esclavage dans le Sud (la communauté noire semble être en colonie de vacances et ils s'amusent comme des petits diables pendant leur pause de deux heures sur le temps de midi, on croit rêver) mais on pardonne et on ferme les yeux sur cette vision simpliste, édulcorée e...

Classic Movies : Martin Gabel, Otto Preminger et Leo McCarey

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The Lost Moment par Martin Gabel États-Unis - 1947 Sortie DVD 15/04/2015 Un éditeur américain est prêt à tout pour récupérer les lettres d'amour du défunt poète Jeffrey Ashton, léguées à sa muse. Une ancienne amante aujourd’hui âgée de 105 ans qui vit recluse dans un vieux palais vénitien en compagnie de sa nièce Tina, au comportement très étrange.  Cette adaptation de la nouvelle « Les Papiers d'Aspern » de Henry James par l’acteur Martin Gabel, qui signe ici son unique film en tant que réalisateur, ravira les amateurs de films d'atmosphère gothique se déroulant dans d’anciennes demeures autrefois majestueuses mais aujourd’hui délabrées et plongées dans la pénombre. A l’image de cette vieille femme ( Agnes Moorehead , méconnaissable sous son maquillage) et de sa nièce, une jeune femme fantasque et rêveuse souffrant d’un dédoublement de personnalité, conférant à l’ensemble une tonalité flirtant parfois avec le genre fantastique. A défaut d’être passionnant de b...