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Affichage des articles associés au libellé 4 étoiles

La Dame n°13 de José Carlos Somoza

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Extrait  Les dames sont treize : La n°1 Invite, La n°2 Surveille, La n°3 Punit, La n°4 Rend fou, La n°5 Passionne, La n°6 Maudit… - La n°7 Empoisonne, récitait le vieux, tandis que l’enfant lisait, sans un seul murmure, sans une seule erreur. La n°8 Conjure… La n°9 Invoque… La n°10 Exécute… La n°11 Devine… La n°12 Connaît. – Il s’arrêta et sourit. Ce sont les dames. Elles sont treize, elles sont toujours treize, mais on n’en cite que douze, tu vois… ? Tu ne dois en mentionner que douze… Ne te risque jamais, même en rêve, à parler à la dernière… Pauvre de toi, si tu mentionnais la n°13… ! Tu crois que je mens ? Mon avis Quel est le point commun entre un poète malheureux et une jeune prostituée hongroise ? Un même cauchemar. Lorsque les médias s’emparent du meurtre d’une riche propriétaire, que Salomon Rulfo et Raquel reconnaissent comme celle qui habite leurs nuits, leurs pas les mèneront chacun de leur côté à l’entrée d’un solennel portail métall...

Les Pérégrins d'Olga Tokarczuk

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Extrait Celui qui dirige le monde n’a pas de pouvoir sur le mouvement.  Il sait que notre corps en mouvement est sacré. Tu lui échappes que quand tu bouges. Il n’a de pouvoir que sur ce qui est immobile et pétrifié, sur ce qui est passif et inerte. Alors, remue-toi, balance-toi, cours, file ! Mon avis Olga Tokarczuk propose un récit éclaté en une multitude de chapitres disparates, certains plus courts que d’autres, pour mieux appréhender le mouvement mais aussi le temps, les moments fugitifs et fugaces, comme si la vie ne pouvait s’exprimer qu’en un court instant, avant de céder presque instantanément la place à un souvenir éphémère ou, au mieux, à une trace tenace, preuve ultime de ce qui a été. Il y a une recherche de l’instantané, du passager, qui singulièrement donne envie de retrouver ce qui subsiste du passé, prolongement artificiel d’un moment de vie pour accéder à un moment d’éternité. Importance du voyage « à l'intérieur du corps » et « dans la tête »...

La promesse de l'aube de Romain Gary

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Extraits: [p. 43]  Avec l'amour maternel, la vie vous fait à l'aube une promesse qu'elle ne tient jamais.  On est obligé ensuite de manger froid jusqu'à la fin de ses jours.  Après cela, chaque fois qu'une femme vous prend dans ses bras et vous serre sur son cœur, ce ne sont plus que des condoléances.  On revient toujours gueuler sur la tombe de sa mère comme un chien abandonné. Jamais plus, jamais plus, jamais plus. [p. 269]  Lorsqu'il s'agit de tuer mes semblables, je ne suis pas assez poète.  Je ne sais pas y mettre la sauce, je ne sais pas entamer un hymne de haine sacrée et je tue sans panache, bêtement, puisqu'il le faut absolument. La faute en est aussi, je crois, à mon égocentrisme. Mon égocentrisme est en effet tel que je me reconnais instantanément dans tous ceux qui souffrent et j'ai mal dans toutes leurs plaies.  Cela ne s'arrête pas aux hommes, mais s'étend aux bêtes, et même aux plantes.  Un nombre incroyable d...

Le rêve du Celte de Mario Vargas Llosa

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« Chacun de nous est, successivement, non pas un, mais plusieurs. Et ces personnalités successives, qui émergent les unes des autres, présentent le plus souvent entre elles les contrastes les plus étranges et les plus saisissants. »   José Enrique Rodó  Mario Vargas Llosa explore une des figures de l’histoire au destin mouvementé et tragique qui a pour nom Roger Casement (1864-1916). Diplomate britannique, aventurier et grand dénonciateur de l’exploitation de l’homme par l’homme dans les forêts du Congo et de l’Amazonie péruvienne.    « Il fermait les yeux et, en un tourbillon vertigineux, apparaissaient et réapparaissaient des corps d’ébène zébrés de cicatrices rougeâtres comme des vipères sur le dos, les fesses et les jambes, ces moignons d’enfants et de vieillards au bout de leurs bras raccourcis, ces visages émaciés, cadavériques, dont semblaient avoir été extraits la vie, la graisse, les muscles, pour n’y laisser que la peau, le crâne et ce masq...

La favorite de Matthias Lehmann

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Extrait : ENFANT , le grenier de ma grand-mère me terrorisait.  LES cartons remplis de livres aux couvertures surannées, les tas de vieux draps qui ressemblaient à des fantômes dans l’obscurité et l’odeur de poussière qui prenait à la gorge, tout ça me mortifiait.  LE PIRE étant sans doute les poupées de porcelaine, avec leurs visages ébréchés, regroupées dans un coin tel un mausolée en mémoire de leur ancienne propriétaire, Éléonore, la fille défunte.  GRAND-MÈRE m’obligeait à passer la nuit dans le grenier si je faisais une grosse bêtise.  ELLE voulait m’éduquer à la dure. Mon avis Il y a quelque chose de cru, vif, nerveux et extrêmement frontal dans cette bande dessinée, et pas seulement au niveau du contenu, mais également dans les traits de dessin (à l'encre), tout en tension, dans les expressions très prononcées du visage des personnages et dans la mise en page, changeante et très fluide à la fois. La grande réussite de ...

L’ordre du jour d'Eric Vuillard

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Extrait Nous sommes un lundi, la ville remue derrière son écran de brouillard. Les gens se rendent au travail comme les autres jours, ils prennent le tram, l’autobus, se faufilent vers l’impériale, puis rêvassent dans le  grand froid. Mais le 20 février de cette année-là ne fut pas une date comme les autres. Pourtant, la plupart passèrent leur matinée à bûcher, plongés dans ce grand mensonge décent du travail, avec ces petits gestes où se concentre une vérité muette, convenable, et où toute l’épopée de notre existence se résume en une pantomime diligente. La journée s’écoula ainsi, paisible, normale. Et pendant que chacun faisait la navette entre la maison et l’usine, entre le marché et la petite cour où l’on pend le linge, puis, le soir, entre le bureau et le troquet, et enfin rentrait chez soi, bien loin du travail décent, bien loin de la vie familière, au bord de la Spree, des messieurs sortaient de voiture devant un palais. On leur ouvrit obséquieusement la portière, ils d...

Kafka de David Zane Mairowitz & Robert Crumb

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Avant d’être réduit à un adjectif (kafkaïen désigne un système bureaucratique absurde et sans visage, générant angoisse et amertume), Franz Kafka, né en 1883, était un habitant juif du ghetto de Prague. Ce plus vieux ghetto d’Europe, véritable "petite mère" avec ses " griffes", lui devint vite étouffant bien qu’il choisisse néanmoins d’y vivre jusqu’à la fin de sa vie, à l’exception des derniers mois de son existence. Prague faisait encore partie à cette époque de l’empire des Habsbourg de Bohême, empire dans lequel coexistaient de nombreuses langues et tendances sociopolitiques. Un tel environnement n’était guère propice à la constitution d’une identité claire et précise. Kafka en fera également les frais : juif tchèque parlant la langue officielle de l’empire, à savoir l’allemand - langue qui avait l’avantage d’être proche du yiddish - Kafka, qui en réalité n’était ni tchèque ni allemand, se trouva confronté à la montée du nationalism...

Les Groseilles de novembre d'Andrus Kivirähk

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L’Homme qui savait la langue des serpents (Prix de l'Imaginaire 2014 du Roman Etranger), première traduction française de l’auteur estonien Andrus Kivirähk, fut une découverte littéraire majeure de l’année 2013 en ce qui me concerne. Ce roman, qui tenait autant de l’épopée, du mythe que du texte fondateur et testamentaire d’un peuple à une époque très lointaine, tout à la fois ironique, surréaliste, sombre et tragique, m’avait totalement conquise. C’est donc avec curiosité doublée d’une certaine impatience que j’attendais la traduction de ce second roman. D’emblée, on constate que Les Groseilles de novembre se démarque fortement de L’Homme qui savait la langue des serpents , dans le ton comme dans la forme. Se situant dans un petit village estonien aux allures moyenâgeuses, ce roman est en fait une chronique villageoise étalée sur le mois de novembre, chaque chapitre du livre reprenant chronologiquement les péripéties du jour. Le mois de novembre étant un mois particul...

L'attrapeur de libellules de Boris Akounine

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Nous sommes en 1905. En pleine guerre contre le Japon, la flotte russe vient d'essuyer une cinglante défaite à Tsushima. Alors que le Transsibérien est la cible d'un attentat, c'est tout le ravitaillement en armes des troupes du tsar en Extrême-Orient qui est compromis. L'affaire est confiée à Eraste Pétrovitch Fandorine, qui sans le savoir, va enquêter sur un personnage qui est en lien avec son propre passé.  Et nous voilà plongés quelques décennies plus tôt au pays du soleil levant, en 1878 plus exactement. L'ère Meiji bat son plein, mettant fin à la politique isolationniste du Japon des siècles précédents (lire à ce sujet l'excellent roman Les mille automnes de Jacob de Zoet par David Mitchell, j'en parle ici ) et marquant le début de la politique de modernisation du pays, ce qui attire bien évidemment la convoitise des occidentaux.  Boris Akounine met toute sa connaissance de l'histoire japonaise au service de ce récit foisonnant bourré de ...

La servante écarlate de Margaret Atwood

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Extrait Il nous est interdit de nous trouver en tête à tête avec les Commandants. Notre fonction est la reproduction ; nous ne sommes pas des concubines, des geishas ni des courtisanes. Au contraire : tout a été fait pour nous éliminer de ces catégories. Rien en nous ne doit séduire, aucune latitude n’est autorisée pour que fleurissent des désirs secrets, nulle faveur particulière ne doit être extorquées par des cajoleries, ni de part ni d’autre ; l’amour ne doit trouver aucune prise. Nous sommes des utérus à deux pattes, un point c’est tout : vases sacrés, calices ambulants. Mon avis La servante écarlate est un roman féministe d’anticipation. La pollution, les explosions d’usines atomiques, les radiations et une souche mutante de syphilis ont eu raison de la fertilité humaine. Peu de femmes tombent encore enceintes, et celles qui le sont ont une chance sur quatre d'accoucher d’un enfant normalement constitué. Ces conditions de déna...

La ferme africaine de Karen Blixen

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Descendante d'une famille patricienne du Danemark, la baronne Karen von Blixen-Finecke est née en 1885 près de Copenhague. Elle part en 1914 pour le Kenya afin d'y diriger avec son mari une plantation de café. Après une série d'échecs, elle rentre en Europe en 1931 et se retire dans la demeure familiale de Rungstedlund, où elle se consacre à l'écriture jusqu'à sa mort, en 1962. Des titres comme Le dîner de Babette et Contes d'hiver la rendent célèbre, mais ce sont ses années en Afrique qui lui inspirent son chef-d'œuvre. Le film « Out of Africa » de Sydney Pollack est l'adaptation cinématographique de « La ferme africaine ».  Il s'agit du recueil de plusieurs nouvelles puisant dans les souvenirs de K. Blixen, qui vécut au Kenya de 1914 à 1931. Je fus assez surprise au début de ma lecture, car je n'ai pas trouvé d'emblée de correspondance entre le film et le livre.  Le film met avant tout l'accent sur le romanesque et la relation q...

Dunkerque de Christopher Nolan

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Dunkirk de Christopher Nolan Avec Fionn Whitehead, Tom Hardy, Mark Rylance, Kenneth Branagh États-Unis, Royaume-Uni, France, Pays-Bas.  Date de sortie : 2017 Le britanno-américain Christopher Nolan (Memento, Inception, Interstellar) a voulu rendre hommage à ses compatriotes en réalisant un film sur l’opération Dynamo de Dunkerque, « une victoire dans la défaite » dixit Winston Churchill himself.  En nous plaçant au coeur de l'action - qui ne s'arrête jamais - à l'aide d'une caméra subjective, le réalisateur multiplie les points de vue : sur la plage, en mer et dans les airs. Mais toujours au plus près des soldats et autres gradés, ou encore des civils venus porter secours sur leur frêle embarquation. Ce sont des images plein les yeux (belle utilisation de l'espace, du paysage, des figurants, des acteurs) et des sons plein les oreilles (cris, bruit des explosions des bombes, des tirs de mitraillette et des avions qui canardent, ça pétarade de par...

L'homme qui tua Liberty Valance de John Ford

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The Man Who Shot Liberty Valance de John Ford Avec John Wayne, James Stewart, Lee Marvin, Vera Miles, Lee Van Cleef 1962, États-Unis Synopsis Après des années d'absence, le sénateur Ransom Stoddard (James Stewart) retourne à Shinbone avec sa femme Hallie (Vera Miles) pour assister à l'enterrement de son vieil ami, Tom Doniphon (John Wayne). Les journalistes s'interrogent : pourquoi le sénateur a-t-il tenu à faire ce voyage à tout prix ? Qui était donc ce Tom Doniphon ? Retour sur l'histoire de Ransom Stoddard. Jeune juriste, il avait quitté l'Est pour le Far West. Sa diligence ayant été attaquée par des bandits, Ransom Stoddard s'était indigné et le chef de la bande, Liberty Valance (Lee Marvin), l'avait alors sauvagement frappé. Une haine inexpiable devait lier les deux hommes, mais Stoddard avait beaucoup à apprendre sur les moeurs de l'Ouest...    Mon avis Je ne connais pas bien  le cinéma de John Ford (à l'exception de Marie Stua...

La Grande Muraille de Frank Capra

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The Bitter tea of General Yen de Frank Capra Avec Barbara Stanwyck, Walter Connolly, Nils Asther États-Unis, 1933 Synopsis C'est pour épouser le docteur Robert Strike que Megan Davis, missionnaire, arrive à Shanghai en pleine guerre civile. Alors qu'elle tente, avec son futur mari, d'évacuer des enfants de la zone la plus dangereuse, elle s'évanouit dans la foule des réfugiés sous les yeux du general Yen. Elle est alors condamnée à rester dans la résidence d'été de ce dernier tant que le pays sera troublé par la guerre. Peu a peu Megan tombe amoureuse du général. Mon avis Quelle surprise, mes amis ! Je m’attendais à voir un film « mineur » de Frank Capra (il faut bien reconnaître que ce titre ne nous vient pas immédiatement à l’esprit lorsqu’on évoque sa filmographie), et je me retrouve en final avec une petite merveille. Le réalisateur américain d’origine italienne, né en 1897 à Palerme avant d'émigrer avec sa famille en 1903 aux États-Unis, ...

Tokyo Sonata de Kiyoshi Kurosawa

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Tokyo Sonata de Kiyoshi Kurosawa Avec Teruyuki Kagawa, Kyôko Koizumi, Yû Koyanagi, Haruka, Igawa Kanji, Tsuda Kazuya, Kojima Inowaki Kai  Japon, 2008 Tokyo Sonata revient sur le délitement progressif d’une famille japonaise, avec comme point d’appui le licenciement du père. Un père tout honteux d’avoir perdu son emploi et qui se garde bien de le dire aux membres de sa famille, continuant à faire semblant de se rendre tous les jours au bureau alors qu’il occupe son temps comme il peut avec une ancienne connaissance, lui-même au chômage depuis trois mois. Pendant que le fils ainé s’absente de plus en plus souvent de la maison, tout en exprimant son envie de s’engager dans l’armée américaine, c’est le plus jeune qui détourne l’argent destiné à la cantine de son école pour payer en cachette ses cours de piano. Quant à la mère, plus volontiers à l’écoute des besoins exprimés par ses enfants que le père, plus intransigeant et sectaire, elle semble tout simplement au bord du g...

Les possédés de Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski

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Extraits Nous prêcherons la destruction... cette idée est si séduisante !   [...] Ce sera un bouleversement comme le monde n'en a jamais vu... La Russie se couvrira de ténèbres, la terre pleurera ses anciens dieux... [...] J'ai déjà signalé l'avènement des petites gens dans notre ville. C'est un phénomène qui a coutume de se produire aux époques de trouble ou de transition.  Je ne fais pas allusion ici aux hommes dits 'avancés' dont la principale préoccupation en tout temps est de devancer les autres : ceux-là ont un but - souvent fort bête, il est vrai, mais plus ou moins défini.  Non, je parle sérieusement de la canaille.  Dans les moments de crise on voit surgir des bas-fonds sociaux un tas d'individus qui n'ont ni but, ni idée d'aucune sorte, et ne se distinguent que par l'amour du désordre.  Presque toujours cette fripouille subit à son insu l'impulsion du petit groupe des 'avancés', lesquels en font ce qu'...