vendredi 21 novembre 2008

Les bienveillantes de Jonathan Littell

Je suis sortie de ce roman, après 3 semaines de lecture, avec un sentiment de nausée très prononcé : je voulais en finir au plus vite et prendre de la distance avec ce qu'il m'insufflait, j'étais d'ailleurs si pressée de le terminer que j'ai sauté plusieurs pages les derniers jours. Ce livre témoigne d'un énorme travail de documentation, et le romans traverse l'histoire du nazisme sur une période aussi large, allant du début du nazisme jusqu'aux bombardements sur Berlin. Évidemment, cela rend le parcours de Maximilian Aue assez invraisemblable, tant on imagine mal une personne se trouvant sur tous les fronts et ayant suivi toutes les étapes les plus importantes du nazisme, mais cela a le mérite de nous offrir une vue d'ensemble assez complète des événements. Ce que j'ai aimé dans ce roman, c'est que J. Littell démonte notre croyance en une mécanique bien huilée et trop parfaite du nazisme, en nous révélant à quel point c'était en réalité un fameux foutoir : les exécutions se faisaient fréquemment dans un désordre et une désorganisation complètes. Ce qui m'a déplu, c'est que Maximilian Aue nous est décrit comme un véritable malade mental. Or je ne vois pas pourquoi J. Littell nous présente un tel personnage : les psychopathes sont déviants par nature, que cette déviance s'exprime librement en cas de guerre n'est guère surprenant ni très instructif. Les personnes psychorigides qui se conforment à l'autorité sans réflexions individuelles et qui se soumettent au supérieur hiérarchique pour "bien se faire voir" et gravir les échelons sont en fait bien plus fréquentes, alors qu'elles sont considérées comme normales mais toutes aussi dangereuses en cas de guerre.

J'ajouterai que si J. Littell est très à l'aise avec l'aspect historique du récit, je trouve que la partie plus romancée, celle qui entoure la personnalité de Maximilian Aue, est la moins convaincante du roman. De ce point de vue, j'ai préféré de loin les romans de M. Tournier "Le roi des Aulnes" ou de Robert Merle "La mort est mon métier".

Pour terminer ce commentaire, je ne sais pas si j'ai aimé ou non ce roman, mais j'ai la certitude de ne jamais le relire.

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