dimanche 16 février 2014

Jack et la mécanique du cœur de Stéphane Berla et Mathias Malzieu


Synopsis

Édimbourg 1874. Jack naît le jour le plus froid du monde et son cœur en reste gelé. Le Docteur Madeleine le sauve en remplaçant son cœur défectueux par une horloge mécanique. Il survivra avec ce bricolage magique à condition de respecter 3 lois: premièrement ne pas toucher à ses aiguilles, deuxièmement maîtriser sa colère et surtout ne jamais Ô grand jamais, tomber amoureux. Sa rencontre avec Miss Acacia, une petite chanteuse de rue, va précipiter la cadence de ses aiguilles. Prêt à tout pour la retrouver, Jack se lance tel un Don Quichotte dans une quête amoureuse qui le mènera des lochs écossais, à Paris jusqu'aux portes de l'Andalousie.


Hymne à l’amour et à la différence, honneur aux laissés-pour-compte et autres monstres, saltimbanques et abîmés de la vie, hommage enfin au cinéma, et plus particulièrement à ses débuts. Car si la référence à Tim Burton revient fréquemment (visages imposants sur des petits corps graciles), ce sont avant tout des réalisateurs comme Tod Browning (Freaks et sa monstrueuse parade) ou Fritz Lang (la représentation de la ville d’Edimbourg doit beaucoup à l’expressionnisme allemand du cabinet d’un certain docteur Caligari) auxquels on pense. Sans oublier l’un des premiers créateurs de trucages du cinéma en France, le grand Georges Méliès lui-même, qui est tout simplement un des personnages principaux de cette animation. 

Alors que dire sur cette fameuse animation ? Les images sont très belles, les personnages sont magnifiques (travail avec l’illustratrice Nicoletta Ceccoli) , les décors superbes (tant on aimerait d’ailleurs faire un arrêt image pour mieux s’en délecter et contempler les petits détails qui nous échappent), le recours aux technologies plus artisanales comme les pop-up et les origamis lors du voyage aller-retour Edimbourg-Andalousie en train sont d’une grande poésie (au point où on regrette leur utilisation trop peu fréquente) et une séquence d’un train fantôme endiablée est du meilleur effet. Et pourtant il manque véritablement un petit quelque chose pour être totalement transporté. Un peu d’audace, de chemins de traverses et autres folies ? Je pense que le choix de se baser quasi exclusivement sur l’animation en 3D par ordinateur, offrant une expressivité très limitée aux personnages, y est malheureusement pour beaucoup dans ce goût de trop peu.

Un film d’animation romantique d’une grande mélancolie, très sympathique mais un peu convenu.








Réalisateurs: Stéphane Berla, Mathias Malzieu
Acteurs : Olivia Ruiz, Rossy De Palma, Jean Rochefort, Arthur H., Emily Loizeau, Mathias Malzieu
Origines : France, Belgique
Genres : Film d'animation, Aventure, Drame
Année de production : 2013
Date de sortie en Belgique : 05/02/2014

Note : 4/5

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