jeudi 19 décembre 2013

Le géant égoïste de Clio Barnard

The Selfish Giant de Clio Barnard
Royaume-Uni, 2013

Premier long métrage d’une réalisatrice qui a commencé dans le documentaire, ce film coup de poing est stupéfiant de maitrise pour un premier film.

Dans un quartier populaire de Bradford, au Nord de l’Angleterre, deux adolescents récemment renvoyés de l’école rencontrent Kitten, un ferrailleur du coin.

Arbor, 13 ans, est un jeune garçon extrêmement agité et perpétuellement en colère. Ne prenant pas ses médicaments qui auraient l’avantage de canaliser son trop plein d’énergie, Arbor est une sorte de volcan ambulant qui entre en éruption à la moindre contrariété.  Autant dire que le système scolaire  n’est pas fait pour lui tant il s’y ennuie prodigieusement. Ses crises de colère sont impressionnantes et il est totalement réfractaire à toute autorité. Il n’a qu’une obsession : se faire de l’argent en volant du cuivre et en collectant toutes sortes de métaux usagés qu’il revend au ferrailleur.

Son seul ami est le jeune Swifty, un garçon costaud mais aussi un peu pataud. Grand amoureux des chevaux, Swifty a un don certain pour les diriger, ce qui n’échappe pas au ferrailleur qui veut se lancer dans les courses de chevaux clandestines.  

Comment concilier les obsessions d’Arbor et la tendresse de Swifty pour les chevaux face à un ferrailleur aussi querelleur que violent et de plus en plus gourmand ? Un géant égoïste aux allures d’ogre dévoreur d'enfants…


Un film qui ne vous prend aux tripes dès les premières minutes et qui ne vous lâche plus jusqu’à la dernière minute. Il y a du Ken Loach dans ce film mais sans une once d’humour cher au réalisateur : tout est rude, dur, tragique, forcément tragique.  C’est implacable de justesse tant tout sonne vrai.   Un regard de tendresse aussi sur ces mères complètement dépassées qui ont bien du mal à joindre les deux bouts et n'ont plus un gramme d'autorité sur leur enfant.

Un très très  gros coup de cœur ! Le jeu du jeune Arbor est stupéfiant également et vaut à lui seul le déplacement.

Le Géant égoïste a été  présenté à la Quinzaine des réalisateurs 2013 et a reçu quelques prix lors de divers festivals.  

 

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