lundi 7 avril 2014

La Princesse aux huîtres de Ernst Lubitsch


Quaker, le roi des huîtres d'Amérique, est un homme tellement riche que sa vaste demeure est un véritable labyrinthe. Nous pourrions d'ailleurs nous y perdre facilement si le visiteur n'avait à sa disposition un plan pour s'y retrouver. Entouré d'une foultitude de serviteurs, chacun remplit ses fonctions très délimitées : tenir son cigare, moucher son nez ou essuyer sa bouche.




Quaker est dépêché par un des ses domestiques qui lui communique que sa fille Ossi, une jeune femme aussi gâtée qu'impatiente et colérique, est en train de piquer une crise de nerf en cassant tout le mobilier. S'enquérant de la raison d'une telle colère, Ossi lui tend la Une du journal : la fille du roi du cirage va épouser un comte ! Peu impressionné par cette nouvelle ("cela ne m'impressionne pas", est une des répliques préférées de Quaker, quand ce n'est pas "Pense à ton arbre généalogique"), le père lui promet de faire le nécessaire pour qu'elle épouse au plus vite un Prince.

Il est évident que le cirage ne vaut pas les huitres, raison pour laquelle il prie le négociateur matrimonial Seligson de procurer à sa fille un époux à l'arbre généalogique digne de ses huitres. Le négociateur porte son choix sur le Prince Nucki, au physique parfait mais surendetté et présentant la particularité d'avoir peur du mariage. 


Ce que la notice ne précise pas est qu'il est également un buveur notoire. Averti qu'il est attendu, ce prince désargenté envoie à sa place son secrétaire Josef au manoir des Quaker. Josef s'avère être un personnage hautement débile mais Ossi est tellement pressée qu'elle ne s'arrête pas à ce genre de détail, l'essentiel n'étant pas le mari mais bien le mariage à la hauteur de son arbre généalogique digne des huîtres paternelles...



Comédie grotesque en 4 actes, cette satire de mœurs  date de la période allemande (et muette) du réalisateur. Nous sommes loin de la période américaine postérieure, tant ce film ne brille ni par sa légèreté ni par son ironie subtile. Ernst Lubitsch signe au contraire une bonne grosse farce qui connaîtra par ailleurs un beau succès lors de sa sortie. Il est vrai que le sens du burlesque, le rythme échevelé de la mise en scène (on assiste à de véritables ballets domestiques, mention spéciale pour la séquence du fox-trot) et la beauté de certains plans sont du meilleur effet. On y retrouve également deux de ses thèmes récurrents, à savoir le sexe et l'argent.

Un film de sa période muette allemande très recommandable malgré son énormité, que je vous conseille vivement.

Titre original : Die Austernprinzessin
Réalisateur : Ernst Lubitsch
Acteurs : Ossi Oswalda, Victor Janson
Origine : Allemagne
Genre : Comédie
Public : Tout public
Année de production : 1919
Durée : 1h03

Note : 4/5



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