Extrait : Les âmes mortes de Nicolas Gogol

[…] madame Appatova avait reçu une excellente éducation. La bonne éducation se donne, comme chacun sait, dans des pensionnats où, comme on le sait aussi, trois matières sont le fondement des humaines vertus : le français, indispensable au bonheur familial, le piano-forte, qui procure tant d’heureux instants à l’époux, enfin les tâches proprement domestiques, ce qui revient à dire la confection de bourses et autres surprises tricotées. Les méthodes, il est vrai, peuvent faire l’objet de maint changement et perfectionnement, surtout par les temps qui courent. Tout dépend ici du bon sens et des capacités des maîtresses de pension. Il est ainsi des maisons où le piano-forte l’emporte, suivi du français, puis des tâches domestiques. D’autres font la part belle à ces dernières, c’est-à-dire aux surprises tricotées, puis vient le français et, seulement après, le piano-forte. 


Les âmes mortes de Nicolas Gogol, Traduction d'Anne Coldefy-Faucard, Éditions Verdier Collection Verdier Poche, 376 pages, 5 novembre 2009

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